Le ministre de l'Agriculture aux côtés des Drômois
Visiter la plus grande ferme de France reste un moment fort. En entrant dans l'un des halls, la densité de la foule étonne toujours. Plus de 691 000 visiteurs ont déambulé dans les allées du Salon international de l'agriculture (Sia), du 21 février au 1er mars, à Paris. Le temps d'une semaine, l'agriculture a montré ce qu'elle a de plus beau et de meilleur à offrir. En plus d'être une vitrine, le Sia est aussi un rendez-vous d'affaires. Et avec la présence de femmes et d'hommes politiques de haut rang, c'est aussi un espace de lobbying pour le monde agricole. Tout cela, le Département de la Drôme l'a bien compris. Pour la dixième année consécutive, son stand a accueilli des milliers de visiteurs ainsi que d'illustres personnalités au premier rang desquelles le chef de l'Etat, François Hollande, et son Premier ministre, Manuel Valls (lire L'Agriculture Drômoise de la semaine dernière). Toute la semaine, l'excellence drômoise a été mise en avant par des producteurs, des chefs cuisiniers de renom... Les animations n'ont pas manqué pour faire valoir la Drôme et donner envie d'y séjourner ou d'acheter ses produits.
« Arrêtons de stigmatiser »

Elus et personnels du conseil général et de la chambre d'agriculture de la Drôme n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire de ce stand une réussite. Le 25 février au soir, en clôture de la traditionnelle « journée Drôme », les présidents de ces deux organismes, Didier Guillaume et Anne-Claire Vial, ont accueilli de nombreux invités. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, était présent.
« C'est mon dernier Salon de l'agriculture en tant que président du conseil général et c'est sûrement une des choses que je regretterai le plus », a confié Didier Guillaume, avant de pousser deux coups de gueule. Dans le premier, il a dénoncé ceux qui stigmatisent et montrent du doigt les agriculteurs et s'est dit « agacé d'entendre toute la semaine que tous les agriculteurs de France voteraient pour Marine Le Pen ». Son autre coup de gueule avait pour toile de fond le débat sur les grandes fermes. « Arrêtons de stigmatiser les hommes et les femmes qui se regroupent pour agrandir leurs exploitations, a-t-il indiqué. La question n'est pas de savoir s'il faut ou non des grandes exploitations. La question, c'est de savoir si ce sont des agriculteurs qui les font vivre et non des fonds de pension ou des spéculateurs. »
Un modèle agricole drômois performant

Dans une société où chacun a un avis sur ce que doit être l'agriculture, la présidente de la chambre d'agriculture a mis l'accent sur le modèle agricole drômois. « Un modèle à la fois intensif et traditionnel, comprenant de petites structures avec un revenu à l'hectare très optimisé », a-t-elle dit. Précisant que le chiffre d'affaires de la ferme Drôme représente 720 millions d'euros pour 200 000 hectares, « ce modèle intensif n'a pas perdu d'actifs agricoles », a-t-elle fait remarquer. Il a même beaucoup investi, a-t-elle ajouté en remerciant le conseil général de son accompagnement auprès des agriculteurs.
Par ailleurs, sur l'agriculture biologique, Anne-Claire Vial en a évoqué les débuts en saluant le pragmatisme des agriculteurs du Diois dans les années 1990. « Dans les montagnes sèches, faire de la bio était alors plus rémunérateur que l'agriculture conventionnelle, a-t-elle rappelé. Les outils économiques de ce secteur et la chambre d'agriculture ont accompagné la démarche. » La présidente a aussi insisté sur le maintien d'une agriculture diversifiée pour faire face aux aléas.
« L'agriculture est une solution »
« Tous les marchés, qu'ils soient locaux, nationaux ou à l'exportation, sont des enjeux », a indiqué Stéphane Le Foll. Evoquant le dispositif Agrilocal, né dans la Drôme et aujourd'hui présent dans 30 départements, il a rendu hommage à l'action de Didier Guillaume.
Parlant de ses choix stratégiques, le ministre de l'Agriculture a mis l'accent sur la pérennité de l'activité agricole. Il a, également, mis en avant son projet d'agro-écologie, qui combine performance économique, environnementale et sociale. « Vis-à-vis du réchauffement climatique, l'agriculture n'est pas un problème mais une solution, a-t-il indiqué. Elle ne doit pas être montrée du doigt. » Et, dans le domaine de l'alimentation, « il faut développer tout à la fois des produits à haute valeur ajoutée, comme dans la Drôme, et des produits accessibles au plus grand nombre », a-t-il ajouté.
En conclusion, Stéphane Le Foll a annoncé un dispositif d'aides à la filière oléicole, frappée par l'anéantissement de la dernière récolte (lire ci-dessous). Il a aussi assuré les producteurs de plantes à parfum de son engagement pour régler le problème liée à la réglementation Reach.
Christophe Ledoux
Plan d'aides
Des mesures exceptionnelles pour la filière oléicole
Sur le stand de la Drôme, le 25 février, le ministre de l'Agriculture a annoncé des exonérations de cotisations sociales pour les oléiculteurs (via les MSA) et des prises en charge d'intérêts bancaires et des prêts de trésorerie (dans le cadre du plan d'action en faveur des fruits et légumes). Ces mesures interviennent alors que la filière oléicole est confrontée à la plus importante crise de ces dernières années. Une crise qui résulte principalement d'attaques exceptionnelles de la mouche de l'olive dont le développement a été favorisé en 2014 par des conditions climatiques favorables au parasite (hiver doux, été frais et pluvieux...).Le ministre de l'Agriculture a également demandé des délais de paiement et des remises gracieuses de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) pour les oléiculteurs et de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFB) et de cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les transformateurs. Au niveau des produits phytosanitaires, le ministère étudiera « les demandes de dérogations adaptées pour l'utilisation de certains produits, dès lors qu'elles sont nécessaires et justifiées ». Une réunion sera organisée prochainement sur les possibilités d'extension d'usage de certains produits.