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Manifestation du 5 novembre

Le ras-le-bol est général

De l’Ardèche, de la Drôme, de la Loire et de l’Isère, les exploitants agricoles sont venus en nombre dans les rues de Valence pour exprimer leur ras-le-bol. « Laissez-nous travailler », ont-ils scandés tout au long de la journée.
Le ras-le-bol  est général

Pour Pierre, Marjolaine, Frédéric, Bruno, Jean-Raphaël et bien d'autres, il n'était pas question de rester sur leur exploitation mercredi 5 novembre. Aux côtés de leurs collègues, qu'ils soient éleveurs, céréaliers, arboriculteurs, viticulteurs, maraîchers, ils étaient venus nombreux exprimer leur ras-le-bol dans les rues de Valence. « On se sent incompris, accablés par les contrôles et les réglementations », explique Thierry, éleveur et céréalier à Châteauneuf-sur-Isère (26). Le ras-le-bol est général. Certains, comme Pierre, éleveur laitier à Saint-Alban-en-Montagne (07) sont venus crier leur colère face aux recrudescences d'attaques de loup sur les troupeaux. « La situation n'est plus vivable. Il est nécessaire que la convention de Berne évolue pour que le loup ne soit plus classé comme espèce protégée. Il en va du maintien de nos élevages ».

Assez des contraintes !

La directive nitrates est aussi sur bon nombre de lèvres. « En 10 ans, c'est la cinquième directive nitrates que l'on nous pond, avec toujours plus de communes concernées. Cela devient insupportable et ne fait que rajouter une contrainte à toutes celles que nous devons déjà respecter », indique Bruno en Gaec à trois sur la commune de Varacieux (38) en élevage bovin lait et production de noix. Marjolaine, agricultrice en polyculture-élevage sur la commune de La Coucourde (26) avoue même ne plus pouvoir supporter « cet empilement de contraintes environnementales, dont celle du dessus vient bien souvent contredire la première ! ». A cela s'ajoute également des charges toujours en hausse qui plombent les trésoreries des exploitations et des prix de moins en moins rémunérateurs. « Dans ces conditions, il est difficile de dégager un revenu sur nos exploitations. Ce que nous voulons, c'est pouvoir continuer à produire et vivre de notre métier », scande Frédéric, éleveur laitier à Estivareilles (42).

Les manifestants ne veulent plus des boulets de la sur-administration.

Etre concurrentiel

La réglementation et les distorsions de concurrence sont aussi au cœur des discussions. Jean-Raphaël, arboriculteur et viticulteur à Veaunes (26) dénonce lui aussi le surplus de charges et de contraintes qui pèsent sur les agriculteurs français. « Impossible pour nos produits de rester concurrentiels sur le marché européen ». Dans ce sens, Hervé, viticulteur à Rosières (07) attend une harmonisation avec les autres pays européens et Florian, arboriculteur sur la commune d'Empurany (07), une consolidation des exonérations de charges sociales sur les saisonniers. Ce jeune arboriculteur espère aussi qu'une vraie politique de prix soit appliquée en France « afin que nos produits soient enfin valorisés à leur juste valeur. »
Des revendications que tous sont venus exprimer à Valence car, comme le souligne encore Jean-Raphaël : « il faut se faire entendre pour continuer à exister. »

C. Penet