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Irrigation

Nord-Drôme : mobilisés pour l’eau et l’adaptation agricole

Afin d'échanger sur le dossier de l'eau dans les secteurs de la Galaure et de la Drôme des Collines, la Chambre d'agriculture a convié les irrigants à deux réunions.

Nord-Drôme : mobilisés pour l’eau et l’adaptation agricole
©JMC-CDA26
Lors de la réunion du 19 novembre à Charmes-sur-l'Herbasse.

Dans le Nord-Drôme, la baisse prévue des volumes d’eau autorisés pour l’irrigation inquiète à juste titre les agriculteurs. Selon le Sage Bas Dauphiné Plaine de Valence, les prélèvements pourraient diminuer jusqu’à 40 % sur le bassin de la Galaure et 30 % sur celui de l’Herbasse d'ici 2027. Avec près de 700 exploitations et 255 préleveurs concernés, l’adaptation des pratiques agricoles devient indispensable pour préserver la rentabilité et la pérennité des fermes.

Pour en débattre de vive voix avec les irrigants du Nord-Drôme, la Chambre d'agriculture les a conviés à deux réunions organisées le 19 novembre, à Hauterives le matin puis à Charmes-sur-l'Herbasse l'après-midi. Après un point sur la saison d'irrigation 2025 et la gestion des volumes à venir, les échanges ont porté sur les leviers que le monde agricole peut proposer.

Développer des solutions adaptées

Jean-Pierre Royannez, président de la Chambre d'agriculture de la Drôme, a débattu de vive voix avec les irrigants du Nord-Drôme. ©JMC-CDA26

« Le Sage1 ayant fixé de nouveaux volumes prélevables fortement à la baisse, j'ai souhaité avoir un discours de transparence de la situation actuelle et de son évolution, ainsi que de la stratégie que je propose de mettre en place pour essayer de sauver l'agriculture de ce territoire », a expliqué Jean-Pierre Royannez aux quatre-vingt irrigants présents aux deux réunions. Le président de la Chambre d’agriculture de la Drôme a ainsi présenté le projet Accte2, mené en partenariat avec Adice, la coopérative Oxyane, Permalab, la Fédération régionale des Cuma, et les communautés de communes locales. Son objectif : sécuriser l’avenir des exploitations en développant des solutions adaptées à chaque situation, en favorisant l’infiltration de l’eau, la lutte contre l’érosion et le maintien de la rentabilité.

« De partout où l'on pourra faire de la substitution, on le fera ; de partout où l'on peut faire des économies d'eau, des changements de système, on va le faire, a expliqué Jean-Pierre Royannez. Mais ce qui nous ira le mieux, c'est d'obtenir des volumes d'eau. Pour cela, il faut que les milieux aillent mieux et pour que les milieux aillent mieux, il faut travailler sur l'infiltration pour transformer une partie des volumes d'eau de ruissellement en volumes d'eau d'infiltration. L'objectif est de remettre la nappe phréatique à “ras la gueule” tous les ans. Par ce biais, les milieux devraient aller mieux, les arrêtés sécheresse seraient repoussés et aux prochaines études de volumes prélevables, on pourrait espérer revoir les volumes prélevables à la hausse. »

Agir sur les systèmes d'exploitation

Le programme Accte combine accompagnements collectifs et individuels. Toutes les filières sont concernées : grandes cultures, maraîchage, élevage, cultures fourragères et arboriculture.

Les premières sessions collectives débuteront début décembre. Les thématiques proposées sont larges : matière organique dans les sols, conservation de l'eau dans les sols, couverture des sols et lutte contre l'érosion, travail du sol, itinéraire technique et rotation, nouvelles espèces fourragères, bien être et évolutions climatiques, composition des prairies, diversification des systèmes au travers de l'agroforesterie.

Lors de ces deux réunions, l'optimisation et l'adaptation des systèmes d'exploitation a été abordée. Parmi les leviers proposés, figurent la diversification des cultures (assolements), le sens du travail du sol selon les pentes ou encore la réduction du travail du sol pour diminuer les risques d’érosion et de ruissellement. En grandes cultures, cela se traduirait par l'intégration de couverts végétaux (amélioration des taux de matière organique et donc meilleur stockage d’eau dans les sols et meilleure résilience face aux sécheresses et au ruissellement). Un autre levier consisterait à explorer les aménagements végétaux et d’hydraulique douce : haies (brise vent, anti-érosion) et fossés à redents pour ralentir et infiltrer l'eau, baissières et noues d’infiltration (contexte de prairies ou cultures pérennes), mares temporaires et bassins d’infiltration…

En somme, tout mettre en œuvre pour garder au maximum l'eau sur le territoire.

C.L.

Contact : pour bénéficier d'un accompagnement, contacter sans tarder Jean-Michel Costechareyre (06 15 87 74 07 | [email protected]).

(1) Sage : schéma d'aménagement et de gestion des eaux.

(2) Accte : Adaptation des exploitations agricoles au Changement Climatique sur le Territoire Nord Drôme et à la diminution de la ressource en Eau, programme issu d'un appel à projet auprès de l'Ademe.

Jusqu'au 29 décembre : enquête publique

Les projets d'autorisations uniques pluriannuelles de prélèvements pour l'irrigation à des fins agricoles, dans les bassins versants topographiques du secteur Drôme des Collines et du secteur Galaure, présentés par l'Organisme unique de gestion collective de la Drôme (OUGC 26) sont soumis à une enquête environnementale unique, prescrite par arrêté inter-préfectoral Drôme-Isère. Le projet pour lequel une autorisation environnementale est sollicitée concerne l'ensemble des prélèvements d'eau à des fins d'irrigation.

Cette enquête, d’une durée de 36 jours, se déroule du lundi 24 novembre au lundi 29 décembre inclus à la mairie de Saint-Donat-sur-l’Herbasse (siège de l’enquête : 11 rue Pasteur). « Tout le monde peut s’exprimer et chaque avis sera pris en compte par la commission d’enquête », a-t-il été expliqué. Des permanences sont organisées : à Saint-Donat le 10 décembre de 15 h à 18 h et le 29 décembre de 14 h à 17 h ; à Hauterives les 27 novembre et 23 décembre de 14 h à 17 h ; à Roybon le 1er décembre de 9 h 30 à 12 h 30 et le 16 décembre de 14 h à 17 h ; à Peyrins le 6 décembre de 9 h à 12 h. Il est également possible de déposer un avis sur le registre dématérialisé depuis le site https://www.registre-dematerialise.fr/6807/contribuez.