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Congrès FDSEA

Peut-on imaginer une Drôme sans agriculture ?

Le président de la FDSEA a fustigé l'excès de contraintes qui pénalise l'activité agricole et menace même son existence.
Peut-on imaginer une Drôme sans agriculture ?

Peut-on imaginer une Drôme sans lavandes, sans volailles, sans élevages caprins et ovins ?, a questionné Didier Beynet, président de la FDSEA de la Drôme, dans son discours du 69ème congrès de la fédération. Ces interrogations ont fait écho à certaines problématiques que vivent ces filières. En production lavandicole, la réglementation Natura 2000 et l'interdiction de retourner les prairies, « c'est la porte ouverte au dépérissement des plants de lavande et à la disparition de cette plante emblématique », a prévenu Didier Beynet. En aviculture, « avec les salmonelles, que va-t-il rester de nos élevages de volailles ? », a-t-il ajouté. Quant aux petits ruminants, « doivent-il disparaître parce qu'ils pâturent sur des terres à faible productivité ? », a-t-il déploré. Citant bien d'autres filières agricoles drômoises, Didier Beynet a dénoncé les accumulations de réglementations et d'interdictions « dont pas une seule ne prend en compte les spécificités agricoles de notre département ».

Trop de contraintes et de complexité

Aux élus des collectivités territoriales, aux parlementaires, le président de la FDSEA leur a demandé d'agir de concert pour permettre aux entreprises agricoles de se développer sur tous les territoires. Il les a également appelé à ne pas oublier que l'agriculture est une force économique, source d'emplois non délocalisables. Sur ce sujet, il a fustigé les contraintes que subissent les employeurs de main-d'œuvre agricole en France, « bien supérieures aux employeurs de tous les pays voisins ».
Par ailleurs, il a dénoncé « la complexité et le flou de la Pac, de la directive nitrates, des zones Natura 2000, des arrêtés comme celui des salmonelles... » et le dumping des pays voisins. Il s'est interrogé sur le sens du mot « simplification » alors que les agriculteurs sont confrontés à toujours plus de complexité.
Président de la FDSEA depuis presque un an, Didier Beynet a tenu, aussi, à rendre hommage à son prédécesseur, Jean-Pierre Royannez. « Changement ne veut pas dire rupture avec le passé mais évolution, adaptation », a-t-il dit, avant d'encourager chaque adhérent à s'investir dans la vie de la fédération. « A nous de proposer et construire pour dire qu'il est possible de faire autrement qu'avec des contraintes administratives et des contrôles. »

C. Ledoux

Intervention du vice-président de la FNSEA /

« Du bons sens et du pragmatisme »

Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA.
Dans son intervention, le vice-président de la FNSEA, Joël Limouzin, a rappelé la nécessité de « sécuriser juridiquement les employeurs vis-à-vis du compte pénibilité ». Sur le projet de barrage de Sivens, il s'est réjouit que l'État ait enfin pris ses responsabilités en délogeant les zadistes « Il aura fallu que des agriculteurs de la FNSEA se mobilisent pour cela, a-t-il fait remarquer. J'espère que le nouveau projet répondra aux besoins de l'activité agricole. »
A propos du projet de loi biodiversité, Joël Limouzin a souhaité « qu'elle soit nouée dans le bon sens et le pragmatisme ». La FNSEA a déposé des amendements dans ce sens. Il a appelé le réseau syndical à sensibiliser les élus locaux au sujet des trames vertes et bleues, « ceci afin de ne pas figer des territoires ».
S'agissant des relations commerciales, le vice-président de la FNSEA a pointé l'absence de décrets d'application pour la loi Hamon. Enfin, au sujet du Feader, il a souhaité « un vrai marquage sur les aides à l'investissement. »
(*) Feader : fonds européen agricole pour le développement rural.