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Sams

Semences : du « désenchantement »

La Drôme est terre de productions semencières. Parmi elles, deux cultures de poids - le maïs et le tournesol - reculent après avoir connu une certaine « euphorie »...
Semences : du « désenchantement »

En 2014, la Drôme a battu un nouveau record en surfaces semencières, qui ont dépassé les 10 000 hectares (ha). Le 12 février à Savasse, l'assemblée générale du syndicat des agriculteurs multiplicateurs de semences (Sams) est revenue sur cette campagne et a évoqué les perspectives 2015. Son président, Jacques Chirouze, a tout d'abord rappelé la mission de la Fnams(1) : « œuvrer pour que les agriculteurs multiplicateurs puissent continuer à produire des semences de qualité dans des conditions économiques satisfaisantes. Un travail réalisé sur le plan technique et syndical en s'appuyant sur les Sams ». C'est pourquoi la rentabilité des cultures semencières et la nouvelle Pac ont été traitées à cette assemblée (voir ci-...). Quant aux résultats 2014, le président les a qualifiés de « globalement très moyens voire médiocres sur certaines espèces ».

Céréales et fourragères : des interrogations

En céréales à paille (980 ha), la campagne a été climatiquement compliquée. « Les rendements ont été juste moyens et hétérogènes, la qualité dégradée, a noté Joël Gresse. Et la situation économique n'est pas mirobolante, les prix des semences étant calés sur ceux des céréales de consommation. » En luzerne, Stéphane Boutarin a fait état de près de 200 hectares produits en 2014 et de semenciers cherchant des surfaces. Mais « on parle de baisse de prix en 2016 »...

Potagères : résultats mitigés

En semences potagères (715 ha), Jacques Chirouze a fait le constat de résultats mitigés, hétérogènes : bons, moyens, voire médiocres selon les espèces. En betteraves, les mises en place sont faibles. En oignons, les surfaces sont à peu près stables mais vont se réduire la prochaine campagne. En potagères sous abri, Jean de Prémorel l'a rappelé, de petites surfaces sont multipliées, principalement pour un semencier. Les résultats 2014 ont été très moyens.

L'assistance à l'assemblée générale du Sams.

Maïs : du vert au rouge

En maïs semence, « après une euphorie, voire folie ces dernières années, on est en train de déchanter », a déploré Stéphane Desrieux. Cette année, les surfaces devraient passer à 7 500 ou 8 000 ha en Rhône-Alpes (11 300 ha en 2014). « Elles risquent de revenir au niveau de cinq ans en arrière », a commenté Philippe Roux, délégué régional du Gnis(2). Une baisse liée à la situation dans les pays de l'Est, aux bons rendements 2014 et aux stocks importants que les semenciers ont à écouler.
« La diminution des contrats va engendrer des situations critiques sur certaines exploitations qui ont réalisé des investissements spécifiques à la production de semences, a alerté Stéphane Desrieux. On comprend qu'on doit être flexible en termes de surfaces mais, là, on n'a pas été raisonnable. On est passé du très vert au très rouge. En termes de rémunération, on ose espérer un maintien des prix plancher, qui sont basés sur le maïs consommation, mais rien n'est verrouillé. »

Tournesol : repli

En tournesol semence, la Drôme (3 220 ha) reste le premier département producteur de France. Pour la récolte 2014, la pression des maladies a amoindri les rendements, la qualité laisse à désirer et une baisse de prix est annoncée, a indiqué Philippe Rogani, directeur technique de l'Anamso(3). Et, pour 2015, « on s'achemine vers une baisse des surfaces en France, de l'ordre de 20 à 25 % ». En soja (53 ha) et colza oléagineux hybride (238 ha), les résultats 2014 sont bons.
En semences bio (céréales à paille, maïs, ail, potagères, luzerne), « un potentiel existe mais ces productions demandent de la technicité, a observé Michel Thibaud. Dans le désherbage, il y a des réussites si on s'y tient et aussi du moins bien. »
La Fnams œuvre pour une meilleure appréhension des coûts de production des cultures en multiplication de semences. Des références utiles pour les négociations entre agriculteurs multiplicateurs et établissements semenciers. A l'assemblée du Sams de la Drôme, Aurore Richard, économiste à la Fnams, a apporté des éléments de réflexion sur la rentabilité de cultures porte-graine dans le contexte d'aujourd'hui. Et Mathilde Audergon, conseillère à la chambre d'agriculture, a fait un point sur la nouvelle Pac.

Annie Laurie

(1) Fnams : fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences.
(2) Gnis : groupement national interprofessionnel des semences.
(3) Anamso : association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses.

 

Les semences dans la Drôme

De 10 686 hectares en multiplication, la production de semences a augmenté de 9 % dans la Drôme en 2014. Elle était déjà en hausse de 9 % en 2013. Les maïs ont progressé de 21,5 % (+ 17 % au plan national) et les oléagineux de 6 % (+ 5 % en France). Par contre, les céréales ont reculé de 12 % (+ 7,5 % au plan national), les fourragères de 7 % (+ 5% en France), les semences potagères et florales de 12 %.

Dans la Drôme, 19 établissements semenciers ont placé des contrats en 2014 (hors potagères). Et 633 agriculteurs ont produit des semences (625 en 2013). Ils sont 444 à avoir multiplié des semences en oléagineux, 375 en maïs et sorgho, 135 en potagères et florales, 72 en céréales, 39 en fourragères, 3 en betteraves et 1 en protéagineux.