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Lavandiculture

Une bonne année pour la lavande AOC

Après une bonne récolte 2014 et des tonnages agréés en nette augmentation, les producteurs d'huile essentielle en appellation de lavande de Haute-Provence restent vigilants sur la question de l'application de la réglementation européenne Reach.
Une bonne année pour la lavande AOC

L'assemblée générale de l'association des producteurs d'huile essentielle en appellation de lavande de Haute-Provence (plus connue sous le nom de l'Apal) s'est tenue le 3 mars à Aurel (84) en présence du conseiller régional Paca Alain Gabert et des conseillers régionaux Max Raspail (Vaucluse) et Paul Arnoux (Drôme).
Tirant le bilan de l'année écoulée, le président Lionel Fra a constaté que, malgré le gel qui aura perturbé le début de la campagne, la récolte a été plutôt satisfaisante avec des tonnages en nette augmentation et une production de belle qualité. 17,7 tonnes (t) ont été présentées à l'agrément par 41 producteurs en 110 lots. 13,2 t venant du Vaucluse, 2,3 t de la Drôme et 2,2 t des Alpes-de-Hautes Provence. 13, 4 t ont été agrées dont 74 % du Vaucluse, 12 % de la Drôme et 7 % des Alpes-de-Hautes Provence.
Le marché de l'AOP se porte bien. Les stocks sont au plus bas et la consommation est en hausse. D'importants contrats ont été passés avec « l'Occitane » à Manosque (entre 3 et 4 t cette année) et une nouvelle demande apparaît des pays émergents (Asie, Indes, Amérique du Sud). Avec cette légère sous-production, les prix se maintiennent autour de 150 euros pour le grosso, voire en légère augmentation pour les petites variétés (abrial et super).

Reach : les choses vont dans le bon sens !

L'assistance à l'assemblée générale de l'Apal.

Mais, comme on pouvait s'y attendre, l'application à la lavande de la réglementation européenne Reach et de ses conséquences sur la filière ont fait l'objet de plusieurs échanges. Au sein de l'Apal, c'est le vice-président Francis Vidal qui est en charge du dossier. Et, pour la filière lavandicole, Philippe Soguel (président du syndicat des distilleries de la Drôme) et Alain Aubanel (président du Cihef*) sont les interlocuteurs des pouvoirs publics. Pour ce dernier, les choses vont dans le bon sens : « Nous avons été écoutés, entendus et compris par nos élus et de véritables avancées ont été enregistrées. Le ministre Stéphane Le Foll nous a annoncé, au Salon de l'agriculture, la création d'une commission interministérielle ayant à sa tête un ingénieur général de l'agriculture, Robert Tessier, et comprenant des représentants des ministères de l'agriculture, de l'environnement, du travail, de la santé, de l'économie, de FranceAgriMer, des producteurs, des distillateurs et des industriels. L'ordre de mission est très clair : trouver des solutions aux problèmes de l'application de la réglementation Reach à la lavande qui soient acceptables par Bruxelles avant le mois d'octobre. Alain Aubanel est optimiste et il y croit : « Le fait d'avoir tout le monde autour de la table est très positif. Cela évitera notamment que chacun se renvoit la balle en disant : "Ce n'est pas mon problème, c'est celui du voisin...". Aujourd'hui, nous n'en sommes plus à être vent debout contre Reach. Nous restons vigilants, bien sûr, mais nous sommes plus dans une démarche de travail avec les gens de l'administration française, de la commission européenne, les industriels...Aujourd'hui, tout le monde nous dit : "Il y a un problème spécifique à la lavande, nous sommes d'accord que sa simple application n'est pas possible. Alors faites nous des propositions !" Et c'est sur quoi nous travaillons maintenant. »

Alain Bosmans

(*) Cihef : comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises.