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Salon de l'Agriculture 2016

Une mondialisation choisie mais aussi subie

Du 27 février au 6 mars se tiendra la 53ème édition de la plus grande ferme de France à Paris, placée sous le thème « Agriculture et Alimentations Citoyennes ». L'occasion de revenir sur un bilan 2015 chaotique pour nombre de secteurs agricoles. Les organisateurs souhaitent néanmoins pouvoir continuer de célébrer cette rencontre festive si particulière entre monde urbain et agricole.
Une mondialisation choisie mais aussi subie

Le salon de l'Agriculture ouvre ses portes dans un contexte morose. Les marchés agricoles ne sont pas à la fête comme l'a rappelé le ministre de l'agriculture, « Les crises sont extrêmement présentes, sur l'élevage mais aussi sur l'ensemble des marchés agricoles. Les tensions entre offre et demande sont partout et ont des conséquences inévitables sur les prix ». La crise sévit en France et chez les autres pays européens, selon lui, avec des pertes de revenu agricole vécues en Allemagne ou aux Pays-Bas.

"Garder plus de valeur pour les agriculteurs"

« On est dans une mondialisation de l'agriculture qu'on a accompagné mais aussi subi » soulignant que « sortir de ces marchés n'est pas une solution pour autant ». Le ministre a également insisté sur l'importance d'une répartition plus équitable des gains de productivité. « On doit être capable de garder plus de valeur pour les agriculteurs. Il faut qu'une partie de ces gains leur soient redistribuées ». Le plan Ecophyto avec les certificats de produits phytosanitaires (CEPP) vise, selon lui, cet objectif. « Une partie des secteurs ont capté ces profits, je pense à celui des phytos par exemple ». Par ailleurs, les organisateurs de l'évènement souhaitent accroître la dimension internationale du salon. Près de 700 000 visiteurs y affluent chaque année. « En 2015, 7 000 visiteurs internationaux ont été enregistrés », indique Jacques Goudeau, directeur du Salon International de l'Agriculture (SIA). Une trentaine d'invitations à l'international a été lancée dans ce sens par le ministre Stéphane Le Foll. « Il faut qu'on reprenne un leadership à ce niveau, c'est très important ».

Citoyenneté

Les professionnels sont unanimes : le consommateur et le citoyen n'ont pas les mêmes perceptions vis-à-vis de l'alimentation. L'un privilégie le prix bas, tandis que l'autre s'appuie sur une réflexion globale de la société et de ses modes de production. A ce titre, « trois tables rondes vont être mise en place lors du salon. La première traitera des attentes des consommateurs, la deuxième sur la recherche et l'innovation et la 3ème concernera les impacts sur les territoires. Concernant l'élevage par exemple, qu'est-ce que l'on fait de nos pâtures ? Faudra-t-il les garder ? » remarque Jean-Luc Poulain, président du Ceneca et du SIA. Pour Jacques Carles, délégué général de Momagri, « la citoyenneté est la prise en compte des grands équilibres mondiaux. La volatilité des prix est un problème de plus en plus important ». En outre, selon lui, trois constats ressortent clairement dans le monde agricole. « La baisse de l'emploi dans le secteur (...), le décrochage de la France en terme de puissance commerciale (de la 2ème à la 5ème place) et la PAC qui interdit toute stratégie à long terme (...) Les fonds européen sont mal utilisés aujourd'hui ». Les débats lors de ce grand rendez-vous s'annoncent nourris.