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Viticulture

Une tendance positive pour la clairette et les vins du Diois

En assemblée générale à Vercheny, le syndicat de la clairette et des vins du Diois a dressé le bilan de l'année écoulée, évoqué l'évolution des cahiers des charges et goûté la concurrence...
Une tendance positive pour la clairette et les vins du Diois

« La récolte 2014 est de qualité », a indiqué Fabien Lombard en assemblée générale du syndicat de la clairette de Die et des vins du Diois qu'il préside. Les sorties de chais sont stables avec une légère augmentation (0,87 %) pour la clairette méthode ancestrale. Dans la mesure où cette appellation représente aujourd'hui 95 % de l'ensemble, cette progression est significative. Le crémant, quant à lui, est en légère baisse. « Dans le contexte actuel, si l'on peut s'asseoir sur cette tendance, c'est positif pour le syndicat », a noté le président. Cet optimisme sera encore renforcé lorsque l'Union européenne répondra à l'acceptation du terme « méthode ancestrale » comme une mention traditionnelle. « C'est long, a confié Fabien Lombard, mais on attend beaucoup de cette reconnaissance. »

Cahiers des charges modifiés

« La récolte 2014 est de qualité », a indiqué Fabien Lombard, président du syndicat de la clairette de Die et des vins du Diois. Le projet de modification des cahiers des charges des AOC clairette et crémant de Die, châtillon-en-Diois et coteaux de Die, présenté au comité national de l'Inao le 12 février, a reçu un vote favorable. Les modifications concernent essentiellement la clairette de Die rosé, sachant que le terme « méthode ancestrale » peut s'utiliser pour des vins de cette couleur.
Pour ce qui concerne les cépages, muscat rouge et gamay ont été introduits. La proportion de l'ensemble des cépages muscat blanc et muscat rouge est supérieure ou égale à 75 %, celle du gamay est inférieure ou égale à 10 %. L'assemblage de moûts partiellement fermentés et (ou) de vins est réalisé avant tirage en bouteilles.
Les règles de proportion d'encépagement ne s'appliquent pas aux exploitations inférieures à 1,5 hectare et ne vinifiant pas leur production. Il a été question aussi de l'obligation de traitement des plants et du contrôle interne du vignoble et des vins par l'ODG. 176 hectares ont été contrôlés (12 % du vignoble), le taux de conformité est de 92,6 %.

Goûter la concurrence

L'an dernier, 81 dossiers ont été étudiés pour les droits de plantation, dont 53 pour des transferts. Par ailleurs, une étude d'impact des techniques culturales sur la composante aromatique et sur l'amertume du muscat est menée en lien avec la chambre d'agriculture.
La promotion se poursuit dans la continuité. Les 14, 15 et 16 mai à Die se déroulera le festival des Espiègleries. Le syndicat continue son projet de mise en place d'une route œnotouristique. La signalétique « route de la clairette de Die » devrait être installée dans les prochaines semaines sous la forme d'une quarantaine de panneaux.
A cette assemblée générale, l'œnologue Jean-Pierre Valade (institut œnologique de Champagne) a présenté (avant dégustation) trois vins effervescents étrangers faisant partie des concurrents des vins du Diois, et qui sont généralement méconnus ici. Il s'agit du prosecco et de l'asti italiens ainsi que du cava espagnol, qui représentent des volumes importants. Il s'agissait de proposer une première approche sur ces vins, différents des crémants, notamment au niveau technique.

Elisabeth Voreppe
Vins du Diois /
La récolte 2014
Clairette de Die méthode ancestrale : 88 622 hectolitres (89 598 en 2013).
Clairette de Die brut : 5 169 hl
Crémant de Die : 2 397 hl.
Châtillon : 1 750 hl.
Coteaux de Die : 52 hl.
Les quatre derniers sont en légère augmentation.
Sorties 2014 en clairette méthode ancestrale : 77 291 hl (76 616 en 2013, soit + 0,87 %).

 

Intervention /

Loi santé : « il faut se mobiliser »

Magali Jelila, directrice de la Fraoc du Sud-Est. Magali Jelila, directrice de la Fraoc1 du Sud-Est, a fait un rappel de l'historique du projet de loi santé présenté en octobre dernier par Marisol Touraine, ministre de la Santé. « Il n'y a pas de mesure anti-vins, pas de restrictions à ce niveau-là, a-t-elle indiqué. Les amendements très agressifs émanant de l'Anpaa2 n'ont pas été votés. Nous avons des retours positifs du colloque de l'Anev2, le 17 février. Aussi, nous sommes rassurés, il n'y a pas de renforcement de la loi Evin qui soit prévu. »
1 688 amendements ont été déposés. Parmi ceux non retenus, la réduction de la taille des affiches et les règles d'étiquetage ainsi que la médicalisation de enjeux environnementaux.
Deux amendements, jugés l'un positif et l'autre négatif, ont été votés. Le premier (voté à 14 voix contre 12) concerne la redéfinition de la publicité. Les articles de presse, notamment, ne pourraient plus être considérés comme de la publicité. Le deuxième transfère la rédaction du message sanitaire sur la consommation de vin au ministère de la santé. « Il faut sensibiliser votre député, a déclaré Magali Jelila. Il faut que l'on reprenne du terrain car nous sommes les mieux placés pour parler de la consommation modérée. Il faut recenser ce que l'on fait déjà et éventuellement l'améliorer. »

1 Fraoc : fédération régionale des appellations d'origine contrôlée.

2 Anpaa : association nationale de prévention en alcoologie et addictologie.

3 Anev : association nationale des élus de la vigne et du vin.