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Filière bio

Lorbio : la filière bio au service  des agriculteurs Drômois

Organisées par la Chambre d’agriculture de la Drôme, deux rencontres entre exploitants agricoles et Lorbio, nouvelle société 100 % bio, se sont déroulées à Loriol et à Saint-Donat, jeudi 6 et 13 novembre.

Lorbio : la filière bio au service  des agriculteurs Drômois
©EB-AD26
Simon Cornut, responsable Lorbio, David Fortuné, conseiller maraîchage à la CA 26 et Jérôme Follea, acheteur Lorbio.

«Lorbio est une entité dynamique et engagée qui émerge dans le secteur de l'agriculture biologique », a présenté aux participants Simon Cornut, responsable de Lorbio. Située à Loriol, la société s’est donnée pour mission de promouvoir la production biologique de ses fournisseurs-agriculteurs en assurant un débouché solide et efficace pour leurs produits. Composée d'une équipe de dix-huit passionnés, Lorbio allie « expertise locale et savoir-faire pour soutenir les agriculteurs de la région ». Créée en février 2025, cette structure autonome, filiale des deux coopératives départementales Drômoise de Céréales et Valsoleil, se spécialise dans la mise en marché et le conditionnement de fruits et légumes bio. Pour la Chambre d’agriculture, l’objectif de ces rencontres était double : permettre à Lorbio de présenter sa stratégie et ses besoins en approvisionnement en fruits et légumes bio, et offrir aux producteurs drômois et des départements limitrophes un espace pour poser leurs questions et exprimer leurs attentes.

De l’amont à l’aval 

« Nous nous engageons à valoriser les fruits et légumes bio issus des exploitations agricoles locales, en les présentant sur le marché avec des normes rigoureuses, ont déclaré les intervenants. Grâce à nos installations modernes, nous calibrons des produits tels que le kiwi et l'abricot, tout en veillant à répondre aux exigences spécifiques de nos clients. Nous assurons une expédition efficace du lundi au vendredi vers toute la France et l'Europe, grâce à notre bâtiment logistique de 4 000 m², équipé de plusieurs chambres froides et d'une zone de conditionnement », ont assuré les représentants. En plus de la commercialisation, Lorbio propose, en activité secondaire aux agriculteurs travaillant avec elle, la location de chambres froides, de palox, ainsi que la vente d’emballages adaptés aux besoins de ses clients. Ses plus de 300 références concèdent à l’entreprise une large gamme de fruits et légumes bio en mettant l’accent sur des besoins en produits locaux, tels que l’abricot, les nectarines et le kiwi, mais aussi en légumes racines et légumes feuilles, tels que le navet, la betterave rouge mais aussi la salade. Lorbio enregistre un chiffre d'affaires composé à 65 % de fruits, 30 % de légumes, et 5 % d'autres produits, « démontrant ainsi notre polyvalence ».

Une clientèle diversifiée 

« Notre clientèle est tout aussi variée, incluant des acteurs de la restauration hors domicile tels que des cantines scolaires, des hôpitaux, ainsi que des distributeurs spécialisés, maraîchers, grossistes et exportateurs. La diversité des clients nous permet de nous adapter au produit et de maximiser le prix et le volume », a-t-il été indiqué. La société se présente ainsi comme un partenaire solide pour les producteurs. « Nous établissons une relation de confiance avec les producteurs. Les apports peuvent être volontaires, partiels ou totaux, permettant ainsi une flexibilité dans la gestion des stocks », a-t-il été aussi expliqué. Les producteurs considèrent « notre service commercial comme leur propre aide, avec une fourchette de prix ou un prix cible discuté à l’avance, sans obligation contractuelle. Nous effectuons un agréage dès la réception afin de garantir la qualité pour nos clients, mais aussi la transparence vis-à-vis de nos producteurs. Cet agréage repose sur les normes de commercialisation en vigueur au sein de la CEE ». 

Trouver des débouchés

Une quinzaine d’agriculteurs ont participé aux réunions de présentation de l’entité. Parmi eux, l’EARL Alain Durand, spécialisée en culture et élevage associés, qui a évolué vers l’agriculture biologique depuis 2015, sous l’influence de son fondateur retraité, Alain Durand. Ce changement, motivé par des préoccupations économiques et environnementales, a permis à l’exploitation de commercialiser ses produits en bio en 2018, ce qui a été déterminant pour sa survie. Aujourd’hui Alain Durand recherche un débouché pour ses lentilles et ses pois chiches. 
Spécialisée dans la culture de céréales (à l'exception du riz), de légumineuses, de graines oléagineuses et de production animale, Guillaume Robin de l’EARL ferme de Bessey partage son expérience en tant que jeune agriculteur, ayant hérité de la ferme de son père sans disposer d’une formation préalable dans l'utilisation d'outils agricoles spécialisés tels que l'anatomiseur ou les systèmes de désherbage. Diplômé d’un BTS en production végétale à la Côte Saint-André, il a été formé à une agriculture durable, qu’il a pu mettre en pratique à Charmes. Il constate néanmoins une évolution préoccupante du marché : alors que l’agriculture biologique offrait des rémunérations intéressantes, aujourd’hui, elle souffre de la concurrence accrue, notamment en raison d'une forte conversion vers le bio, ce qui a intensifié l’offre et affecté les prix. Les consommateurs, confrontés à des contraintes budgétaires croissantes, limitent leurs achats, entraînant une chute des cours en France. 

Éliane Belin

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