À Alixan, des essais variétaux sur les couverts végétaux
Essais variétaux / Un temps collectif financé dans le cadre du programme Eau et agriculture de l’agglomération de Valence Romans a été organisé vendredi 5 décembre sur une parcelle du Gaec Chevrilait, à Alixan.
Valence Romans Eau et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ont financé un temps collectif pour présenter des essais sur des variétés de couverts végétaux sur l’année 2025-2026 à Alixan. Ces expérimentations ont été soutenues financièrement par le Conseil départemental. Nadège Villard, conseillère en agro-environnement à la Chambre d’agriculture de la Drôme, a réalisé un premier état des lieux des essais vendredi 5 décembre. « Les agriculteurs ont parfois du mal à comprendre pourquoi leurs couverts ont échoué alors qu’ils ont fait comme l’année précédente, a expliqué la technicienne. D’année en année, les mélanges commercialisés par les semenciers changent et il est parfois difficile de savoir quelles variétés s’adaptent le mieux aux conditions pédoclimatiques des parcelles. On s’interroge sur un éventuel effet variétal. » L’objectif de ces essais est ainsi d’évaluer quelles variétés peuvent donner les meilleurs résultats, en termes de production de biomasse mais aussi de piégeage de nitrates.
Avoine : des résultats à confirmer en 2026
Grâce aux dons des semenciers, les couverts végétaux ont été semés à la volée le 19 août après un déchaumage au disque sur des placettes de 15 m². En première partie de l’essai, des comparaisons variétales d’avoine blanche et d’avoine rude ont été menées. Pour rappel, l’avoine blanche est plus chère car elle nécessite une densité de semis supérieure. Sur les essais, l’avoine a été semée à une densité de 150 % par rapport à la dose conseil. « Cela a permis d’avoir une très bonne couverture de sol », a précisé Nadège Villard. En tête du classement pour la biomasse, on retrouve les deux avoines blanches. « L’avoine blanche a encore du potentiel de croissance, ce sont des variétés qui devront rester plus longtemps. Elles semblent mieux résister au froid pour l’instant. Elles possèdent une précocité de levée assez identique à l’avoine rude mais une épiaison plus tardive. Concernant l’avoine rude, quelques-unes sortent du lot en termes de biomasse : Iapar 61 de Lidea Semences, Xerex de Barenbrug, et Pratex de Semences de France. Toutefois, les deux premières sont plutôt tardives à la levée. »
En résumé, l’avoine blanche est à privilégier pour produire de la biomasse et laisser le couvert jusqu’en sortie d’hiver. Pour une destruction plus précoce du couvert (novembre-décembre), on privilégiera l’avoine rude.
Moutarde : des variétés comparées
Dans la suite de l’essai, étaient comparées des variétés de moutarde d’Abyssinie. Pour des raisons techniques, les placettes ont été semées à une surdensité de 160 %, ce qui a affecté le comportement de la moutarde. Parmi les quatre variétés comparées, une avait un très mauvais taux de germination, elle est donc disqualifiée. Sur les placettes restantes, la variété cappuccino de RAGT s’est démarquée en termes de biomasse (4,4 tonnes de matières sèches à l’hectare). La plus tardive est la variété Utopia de RAGT (3,6 tonnes de ms/ha). La variété Cartoon de Semences de France est arrivée à floraison avec seulement trois tonnes de matières sèches, ce qui la classe en queue de peloton. « Globalement, c’est un excellent piège à nitrates et qui a l’avantage par rapport à la moutarde blanche de ne pas monter à graines l’année du semis », a expliqué Nadège Villard.
Enfin, durant la présentation, la technicienne a souhaité rappeler qu’une semaine de retard dans l’implantation d’un couvert végétal peut avoir un impact non négligeable. Sur les moutardes, des placettes hors essais semées huit jours après ont perdu 0,9 tonne de matière sèche. De la même façon, des trèfles semés sur deux autres placettes avec huit jours d’écart ont montré un développement du simple au double. « Huit jours d’écarts sur une légumineuse, c’est énorme », a-t-elle souligné en montrant l’écart de pousse et ainsi la biomasse perdue. Nadège Villard a tenu à préciser que « les résultats définitifs des essais n’auront lieu que l’année prochaine et que ces tests manquent de robustesse car il n’y pas de répétitions de placette. » n
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