Loi Duplomb : la filière noisettes a fait ses comptes
Dans un communiqué du 8 août, l’association nationale des producteurs de noisettes (ANPN) avec la coopérative Unicoque estime que la censure de l’article 2 de la loi Duplomb qui visait à réintroduire l’acétamipride va « porter un coup fatal à la filière noisette de France ».
L’association nationale des producteurs de noisettes (ANPN) demande au président de la République de prendre immédiatement trois mesures.
En premier lieu, l’ANPN souhaite 45 millions d’euros (M€) au titre des pertes constatées lors des quatre dernières années de production.
Elle demande au chef de l’Etat une enveloppe de 20 M€ par an pour la filière, enveloppe qui pourrait être « financée par les signataires de la pétition citoyenne qui souhaitent le développement d’une production durable ». Ce qui ferait environ dix euros par personne et par an !
Surtout, l’ANPN et Unicoque souhaitent le dépôt d’une proposition de loi qui autoriserait l’usage de l’acétamipride contre le balanin et la punaise, pour une durée de cinq ans, le temps de trouver des solutions alternatives.
En 2023, la France a produit 17 000 tonnes de noisettes. Un chiffre qui s’est effondré à 8 335 tonnes selon Agreste en 2024. Bon an mal an, les Français consomment près de 40 000 tonnes de noisettes, principalement importées de Turquie et des États-Unis où l’acétamipride est autorisée.
« L’agriculture européenne existe-elle encore ? » (CSFL)
« En censurant en partie l’article 2 et en pérennisant l’interdiction des néonicotinoïdes et assimilés par ailleurs autorisés partout ailleurs en Europe, le Conseil constitutionnel met fin, de fait, au principe d’une agriculture européenne unique », a réagi le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France (CSFL) dans un communiqué du 7 août.
Cette décision « enterre ce qui devait être un premier pas vers la restauration d’une concurrence un peu moins déloyale avec nos confrères européens », ajoute-t-il, fustigeant au passage la « campagne de lobbying et d’influence (…) menée par quelques ONG environnementalistes (qui) a habilement joué sur les peurs des Français ».
Comme l’Association nationale Pommes-Poires, le CSFL demande au gouvernement d’actionner l’article 36 du Traité de Rome. Pour l’organisation, le gouvernement « doit aller jusqu’au bout de sa logique : interdire l’importation de tous les fruits et légumes européens et mondiaux qui sont traités avec cette substance (acétamipride, ndlr). »