Grippe aviaire : un nouveau foyer détecté à Marches
Un nouveau cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été confirmé dans la Drôme, à Marches, quelques jours seulement après la détection d’un premier foyer dans une fauconnerie du département. Cette situation ravive les inquiétudes des aviculteurs et impose une vigilance renforcée dans les élevages avicoles.
Un foyer de grippe aviaire a été confirmé sur la commune de Marches, dans la Drôme, plaçant une nouvelle fois les éleveurs du secteur en état d’alerte. Cette détection intervient peu de temps après l’identification d’un premier foyer dans une fauconnerie à Châteuneuf-sur-Isère, soulignant la persistance de la circulation virale sur le territoire.
Dans le cadre des mesures de lutte contre la propagation du virus, une opération de dépeuplement des volailles présentes sur cet élevage a été menée le 25 décembre, indique la préfecture de la Drôme.
Pour éviter tout risque de diffusion du virus à d’autres élevages, la préfète de la Drôme a pris un arrêté définissant des zones réglementées de protection (ZP) et de surveillance (ZS) qui sont respectivement mises en place dans un rayon de 3 et 10 km autour de l’établissement contaminé.
Dans le rayon de 3 km, les communes concernées sont : Marches, Besayes, Chatuzanges-le-Goubet (partie sud).
Dans la zone de 10 km, les communes concernées (certaines pour partie), outre les 3 communes citées ci-avant, sont : Alixan, Barbières, Beauregard-Baret, Bourg-de-Péage, Chabeuil, Charpey, Châteaudouble, Châteauneuf-sur-Isère, Chatuzange-le-Goubet (partie nord), Eymeux, Génissieux, Hostun, Jaillans, Montélier, Peyrus, Rochefort-Samson, Romans-sur-Isère, Saint-Paul-les-Romans, Saint-Vincent la Commanderie.
Dans ces périmètres, tous les lieux de détention de volailles et d’oiseaux captifs sont soumis à des prescriptions spécifiques. En particulier, les mouvements de volailles et autres oiseaux captifs sont interdits, sauf dérogations accordées par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). La surveillance est également renforcée par la réalisation d'une surveillance post-vaccination renforcée des élevages de canards vaccinés dans les zones réglementées et d'autocontrôles dans les établissements commerciaux de volailles, rendus obligatoires par arrêté préfectoral.
Réactivité dans les signalements
Les conséquences économiques potentielles de l'influenza aviaire pour les exploitations avicoles restent au cœur des préoccupations.
La France étant placée en risque élevé au regard de l’IAHP depuis le 22 octobre 2025, cela implique aux éleveurs - professionnels et particuliers - de respecter les mesures décrites dans la partie II de l'arrêté du 25 septembre 2023. Les services de l’État rappellent l’importance de la réactivité et du signalement immédiat de toute mortalité anormale, condition essentielle pour préserver les cheptels et éviter des mesures plus contraignantes.
La situation dans la Drôme est suivie de près par la direction de la protection des populations (DDPP) et la profession agricole. Pour les éleveurs drômois, la vigilance reste de mise afin de protéger les élevages et maintenir l’activité dans un contexte sanitaire toujours fragile.
Une réunion d’information à destination des professionnels de la filière est prévue cette semaine à la DDPP de la Drôme.
C.L.
Des mesures de biosécurité
La prévention de l’influenza aviaire repose avant tout sur l’application rigoureuse des mesures de biosécurité, obligatoires pour tous les détenteurs d’oiseaux, professionnels comme particuliers. Leur objectif est clair : éviter l’introduction du virus dans les élevages et limiter sa diffusion entre exploitations. Les mesures clés incluent la limitation des contacts avec l’avifaune sauvage, la protection des aliments et de l’eau, le nettoyage et la désinfection réguliers du matériel, des véhicules et des chaussures, ainsi que le contrôle strict des entrées sur l’exploitation. Toute mortalité anormale ou baisse de performances doit être signalée sans délai.
En période de risque élevé, des obligations renforcées s’appliquent, notamment la mise à l’abri ou la claustration des volailles, en particulier pour les palmipèdes. Des dérogations existent, mais elles sont strictement encadrées.
Les transporteurs d’oiseaux vivants sont également soumis à des règles précises concernant la conception des véhicules, la séparation des lots, la désinfection et la traçabilité, afin d’éviter toute propagation du virus lors des déplacements.
Un foyer détecté dans le Nord de la France
Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été confirmé le 30 décembre dans un élevage comptant environ 300 000 volailles à Warhem (Nord), a annoncé le lendemain la préfecture du département. Ce nouveau cas survient après la déclaration, le 23 décembre, d’un foyer d’IAHP dans un élevage de poules de reproduction à Furnes, en Belgique, à un kilomètre de la frontière française, précise la préfecture dans un communiqué. Afin de prévenir toute propagation, le préfet du Nord a instauré une zone réglementée de 10 km autour de l’élevage touché. Celle-ci comprend une zone de protection de trois kilomètres impliquant des mesures renforcées de surveillance et de restriction des mouvements, ainsi qu’une zone de surveillance étendue jusqu’à 10 kilomètres.
Face à l’évolution des cas d’influenza aviaire hautement pathogène dans la faune sauvage et dans les exploitations d’élevage, la France est placée en risque élevé depuis le 22 octobre.
Depuis août 2025, 104 foyers ont été recensés dans des élevages commerciaux en France et 13 foyers dans des basses-cours et oiseaux captifs non commerciaux.