Le syndicat du Picodon, lauréat de l’appel à projets « structuration de filières »
Le syndicat de l’AOP Picodon prend les devants face au réchauffement climatique. À partir de début 2026, il va étudier à la loupe diverses méthodes, notamment de séchage de fourrage ou encore de modernisation de fromagerie afin d’aiguiller les éleveurs.
La Direction régionale de l’agriculture, l’alimentation et la forêt (Draaf) a retenu le projet « Climat Picodon » porté par le Syndicat de l’AOP Picodon. C’est un projet qui se veut « ambitieux et structurant » pour la filière caprine. « Nous avions déjà lancé des réflexions autour de l’adaptation au changement climatique qui se manifestait par des aléas de plus en plus nombreux. D’une année à l’autre c’est changeant, explique Simon Bouchet, animateur au sein du syndicat.
L’année dernière, nous avons eu un printemps pluvieux, c’était très compliqué car notre cahier des charges nous interdit l’alimentation fermentée. Nous avons eu de grosses difficultés pour récolter et sécher le fourrage. Nous nous sommes donc demandé comment faire pour récolter et conserver un fourrage de qualité notamment sur première coupe ? » Le collectif et ses partenaires* espèrent pouvoir répondre à ces questions grâce aux financements de cet appel à projet et du plan pour l’adaptation de l’agriculture méditerranéenne aux impacts du dérèglement climatique.
Vers un système de séchage collectif ?
« Nos réflexions nous ont orientés vers les séchages en grange en individuel ou en collectif. Le séchage en grange reste un outil très onéreux, il représente un gros investissement. Partir sur quelque chose de collectif, cela pourrait correspondre à nos besoins, expose Simon Bouchet. Sur ce plan, il fallait un projet de filière et nous avions aussi à cœur d’adapter les fromageries aux futures conditions. C’est-à-dire des outils plus économes en eau, en énergie, connectés et ergonomiques ». Pour l’AOP Picodon, ce plan va permettre de financer des problématiques qui touchent la filière de l’amont à l’aval. « C’était ce qu’il nous fallait », assure l’animateur. Ce projet va être mené avec plusieurs partenaires dont l’Institut de l’élevage, l’EPLEFPA Olivier de Serres, la Ferme expérimentale caprine du Pradel, Ardèche Drôme Isère Conseil Élevage (Adice), la Chambre d’agriculture de l’Ardèche, et l’atelier d’affinage Les Fromagers fermiers du Peytot SARL…
« Nous allons étudier le séchoir collectif afin d’évaluer sa pertinence », précise Simon Bouchet. Une grande partie des financements sera destinée à la recherche et aux expérimentations qui devraient démarrer en janvier 2026. Ainsi, sept séchoirs en granges vont être observés pour obtenir des données sur le rendement ou par exemple les cultures qui sont adaptées ou non. « Nous comparerons aussi avec des séchages individuels afin de guider les éleveurs qui hésitent à se lancer dans ce type d’investissement. Tout cela permettra de doter les adhérents de références technico-économiques sur les arbres fourragers, les solutions pour mieux gérer la récolte, le séchage en grange, la modernisation de la fromagerie... », énumère Simon Bouchet. Pour mener à bien ce projet, le syndicat va aussi se doter d’une ressource humaine supplémentaire.
* Un plan Agriculture Climat Méditerranée (PAM) a été lancé par le ministère de l’Agriculture, le 16 juillet 2024, afin de structurer des filières résilientes et durables dans les territoires les plus exposés au risque climatique. L’enveloppe allouée à ce dispositif est de 25 millions d’euros d’aide. L’appel à projets « Structuration de filières - PAM » a été ouvert en fin d’année 2024 par FranceAgriMer.