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Semences

Valgrain atteint ses objectifs grâce à un « réseau solide »

En assemblée générale le 12 décembre à Beaumont-lès-Valence, Valgrain a dévoilé ses résultats et convié Serge Zaka, célèbre agroclimatologue, pour donner des clés d’anticipation aux producteurs face au réchauffement climatique.

Par M.Eymin
Valgrain atteint ses objectifs grâce à un « réseau solide »
©ME-AD26
Les adhérents de la coopérative Valgrain sont une nouvelle fois venus en nombre assister à l’assemblée générale de la structure.

Avec des résultats techniques toujours au-dessus de 100 %, la coopérative Valgrain a atteint des taux de rendements « corrects » en 2025. « Les résultats de cette année parlent d’eux-mêmes. Le réseau a démontré sa solidité, sa capacité à atteindre ses objectifs », a déclaré Nicolas Crouzon, président de Valgrain. La filière du groupe Limagrain a participé au succès de la structure qui a enregistré 2,452 milliards d’euros de chiffre d’affaires en juin 2025.

Les performances

Nicolas Crouzon s’est réjoui d’une année exceptionnelle en colza avec une performance de 120 %. Toutefois, il constate une baisse de 25 % pour la récolte 2026. Le président tire un enseignement de cette campagne. « Les semis précoces ont mieux résisté aux altises. La dérogation sur le traitement insecticide Minecto gold pour la campagne 2025-2026 est une excellente nouvelle. C’est une solution supplémentaire contre la lutte de ces ravageurs. Des essais sont en cours sur les larves pour anticiper et réduire les populations. »
Le maïs affiche une performance de 104 % ce qui pousse Nicolas Crouzon à conseiller aux semenciers de « rester vigilants sur les dégâts du vers gris et du taupin qui peuvent impacter le rendement ». En tournesol, 109 % de performance ont été dévoilés. Une hausse par rapport aux précédentes années et cela malgré une « baisse de plus 20 % des surfaces liée au contexte géopolitique russe ».

Les représentants de Valgrain à l'issue de l'assemblée générale. ©ME-AD26

Pour la coopérative, l’objectif reste « l’équité entre tous les producteurs ». Antoine Taupin, responsable de production, a donné quelques projections sur l’année 2026 : « une stabilité en maïs et en tournesol hybrides même si les calculs peuvent varier selon les producteurs. Le colza semé fin août devrait afficher une petite baisse ».

Un point sur l’actualité locale

Valgrain a réalisé des animations auprès des producteurs autour du binage et du colza avec pour objectif d’apporter du conseil sur les couverts végétaux en intercultures. L’assemblée générale fut l’occasion de lancer plusieurs appels auprès des adhérents. Valgrain recherche des représentants au SPSMS et les Cuma des secteurs de Montéléger, Beauvallon et Montmeyran ont besoin de nouveaux chauffeurs de tracteurs. Pour rappel, les candidats doivent être âgés de 18 ans minimum en raison de la réglementation autour de la castreuse de maïs.
Enfin, Nicolas Crouzon a fait savoir aux semenciers que « la rémunération fera partie des discussions à venir lors des prochains conseils afin que le travail de chacun soit reconnu à sa juste valeur ». Il a aussi fait un point sur l’isolement. « Une douzaine d’hectares ont été déclassés pour défaut d’isolement. La responsabilité revient aux producteurs concernés ». Ce dernier a fini son intervention en souhaitant aux coopérateurs « réussite, stabilité et confiance » pour 2026.

L’intervention de Serge Zaka

Serge Zaka, docteur en agroclimatologie, est intervenu pour donner quelques prévisions sur la Vallée du Rhône. ©ME-AD26

L’agroclimatologue Serge Zaka a présenté des projections sur le changement climatique et la production de semences dans la vallée du Rhône. « On a des solutions au moins jusqu’en 2050, a-t-il avancé en guise d’introduction. L’objectif, c’est de vous dire d’anticiper. Le climat va continuer d’évoluer. La génétique est l’une des sources d’évolution mais pas la seule. » Il s’est basé sur l’année 2022, impactée par un vent chaud et sec en été, le sirocco : de moins cinq à moins cinquante pourcents de rendement en non irrigué, jusqu’à moins seize pourcents en blé, moins de trente pourcents en féverole (par rapport à 2017-2022)… Tout en montrant que dans le Nord de la France la tendance était plutôt inverse avec des hausses de rendement. Selon l’un des scénarios, « pas le pire », du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), « 2022 sera une année normale en 2050 ».

Serge Zaka a estimé que les précipitations dans la vallée du Rhône seront « soit de même quantité, soit plus importantes ». Toutefois, il a projeté une augmentation de huit à quinze pourcents de la sécheresse dans la région. « Comme il fera plus chaud, l’eau repartira dans l’atmosphère », a précisé l’expert. Il s’est basé sur le projet Explore2* pour déclarer que « le Rhône continuera de couler peu importe le scénario. Le jour où il s’asséchera, on ne sera déjà plus là ». 
D’ici 2100, la température estivale pourrait atteindre 48 à 50 degrés en France. L’agroclimatologue a estimé que « les objectifs en blé et colza sont de tenir le plateau de rendement. Ils peuvent être favorisés par le changement climatique ».

En maïs et tournesol, il a préconisé de « maintenir la production plutôt que de l’augmenter », car le changement climatique sera défavorable. L’intervenant a exposé des leviers d’adaptation pour des sols à forte ou à faible réserve utile, irrigués ou non. En maïs, les sols à faible réserve devraient perdre entre 10 et 40 % de rendement s’ils sont irrigués et jusqu’à 80 % s’ils ne le sont pas. Avec un sol irrigué à forte réserve utile, une hausse de 15 à 20 % serait possible selon ses projections. En colza, les sols à forte réserve utile devraient voir leur rendement augmenter. Une perte de rendement sera possible dans les sols à faible réserve utile situés dans le Sud de la vallée du Rhône. Il a préconisé aux semenciers de travailler sur différents leviers : régénération de sols, semis plus précoces, diversification de gamme, préparation de nouvelles filières dans le Sud, hydrologie régénérative, recherches en génétique, réserves de substitution pour l’irrigation…


* Projet organisé de 2021 à 2024 par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’Office l’international de l'eau (OiEau).