Marmotte tuée par un chien de protection : l'éleveur drômois relaxé
Sébastien Bonnevie, éleveur dans les Baronnies provençales, était poursuivi car ses chiens de protection étaient accusés d'avoir tué une marmotte en Savoie en 2023. Ses contraventions et avertissements ont été annulés le 11 février par le tribunal.

« Je suis enfin reconnu innocent, lâche soulagé Sébastien Bonnevie, éleveur drômois, à la sortie du tribunal de police d'Albertville. Ça fait un an et demi que l'affaire traîne, ça a fait beaucoup de soucis. Je savais que ça allait me coûter plus cher d'aller au tribunal que de payer les amendes. Mais je ne trouvais pas normal d'être accusé et je l'ai aussi fait pour l'ensemble des éleveurs. »
Des amendes contestées
L'affaire remonte à l'été 2023 alors que les brebis de Sébastien Bonnevie sont sur un groupement pastoral en lisière du Parc de la Vanoise. « Mes chiens étaient alors partis après le loup et se sont retrouvés dans le parc de la Vanoise, raconte l'éleveur. Une garde du parc m'a appelé pour me demander de venir les chercher. J'étais absent ce jour-là et mon berger gardait le troupeau. Une solution avait tout de même été trouvée. La garde m'avait alors dit qu'elle me mettrait un avertissement pour la divagation des chiens dans le parc. Ce que je comprenais tout à fait. Mais après en avoir parlé avec sa hiérarchie, elle m'a alors indiqué qu'elle me mettrait un avertissement et un procès-verbal pour destruction d'une espèce menacée dans un parc. »
L'éleveur n'ayant pas récupéré le PV, deux autres ont été émis à son encontre à l'automne : l'un pour introduction de chiens dans le parc et l'autre pour destruction d'une espèce protégée. « J'ai contesté cette décision en expliquant que c'est l 'État qui oblige d'avoir des chiens de protection », explique Sébastien Bonnevie. De plus, il estime que personne n’a pu être en capacité de prouver que les chiens incriminés sont bien responsables de la mortalité d’une marmotte. Cependant « en juin 2024, j'ai reçu un courrier du tribunal de police d'Albertville m'indiquant que les amendes avaient été quadruplées, les peines ayant été multipliées par deux. »
953 euros
Les sommes requises atteignent 953 euros ! En juillet 2024, la fédération départementale ovine (FDO) de la Drôme décide de médiatiser cette affaire, dénonçant « la pression juridique subie par la profession en raison de la prédation lupine ». Et d'ajouter : « Comme aux loups, on ne peut malheureusement pas demander aux chiens de protection de devenir végétariens… Pour vivre avec le loup, il est grand temps que la société en accepte et en assume les quelques effets collatéraux. La présence des loups est un choix de société dont les conséquences ne peuvent pas continuer à ne peser que sur les épaules des éleveurs ! Chacun doit prendre sa part ! »
Après plusieurs recours, l'éleveur a finalement réussi à faire reconnaitre son absence de tort. Une victoire pour lui et l'ensemble des éleveurs confrontés à la prédation du loup.
C. L.