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Les dossiers saint-marcellin et saint-félicien avancent

Bruno Neyroud, après la tenue de l’assemblée générale du Comité pour le saint-marcellin et le saint-félicien (C2MF).

Par Propos recueillis par Isabelle Brenguier
Les dossiers saint-marcellin et saint-félicien avancent
© ID-TD
Bruno Neyroud est le président de C2MF.

Comment se portent les ventes de saint-marcellin et de saint-félicien ?
Bruno Neyroud : « Celles du saint-marcellin ont connu une hausse de 5 % en 2025 pour atteindre quasiment un volume de 2 900 tonnes, et celles du saint-félicien accusent une légère baisse de 1 % pour se situer à un tonnage d’environ 3 000 tonnes. Nous observons un tassement, nous constatons que les consommateurs regardent davantage les prix à la pièce qu’au kilo.

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Où en êtes-vous de vos travaux avec l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) ?
Les membres de la commission d’enquête de l’organisme sont venus fin décembre pour évoquer nos deux dossiers (celui sur le saint-marcellin et celui sur le saint-félicien, NDLR), nous avons eu un bon retour de leur part. Les deux dossiers vont maintenant se séparer. Concernant la réécriture du cahier des charges de l’IGP saint-marcellin, il va être inscrit que les animaux devront pâturer pendant 180 jours (contre 150 aujourd’hui), nous allons accepter que le salage puisse ne se faire que sur une seule face et nous allons rajouter les communes d’Engins et de Saint-Nizier-du-Moucherotte, qui avaient été oubliées en 2013. Nous espérons présenter ce nouveau cahier des charges au comité national avant l’automne, avec une validation avant la fin de l’année. S’agissant de notre démarche lancée en vue d’obtenir l’IGP saint-félicien, nous nous rangerions à l’idée d’autoriser la pasteurisation, car comme il s’agit d’un fromage moins typique que le saint-marcellin, nous trouvons dommage qu’il ne soit pas accessible aux jeunes enfants. Il faut aussi que nous arrivions à nous faire céder la marque saint-félicien déjà détenue par une entreprise.

Comment les producteurs ont-ils vécu leur année laitière ?
Nous avons eu une année plutôt satisfaisante. Au niveau de C2MF, nous avons mis en place une commission économique qui examine les coûts de production et de transformation pour avoir une prime IGP en adéquation. Aujourd’hui, elle dépend des entreprises et varie entre 15 et 30 euros les 1 000 litres, auxquelles s’ajoutent parfois des primes de qualité qui peuvent atteindre 40 à 50 euros les 1 000 litres. Nous voudrions davantage d’harmonie et de cohérence entre les établissements.

Et la production biologique, comment se porte-t-elle ?
Nous sommes toujours frustrés, car un tiers du volume collecté en bio repasse en conventionnel. Il reste un petit différentiel de prix pour les producteurs, mais il n’est pas suffisant. Les ventes redémarrent doucement, mais elles restent à la peine. Nous constatons que pour les consommateurs, il n’est pas évident d’acheter un produit IGP et bio.

Des changements ont-ils été conduits par le comité ?
Nous avons changé d’agence de communication au profit de « Ginette et compagnie », qui accompagne depuis plusieurs années le Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble. Nous avions envie de nous renouveler, de créer une nouvelle dynamique, de proposer de nouveaux visuels, de bousculer ce qu’on faisait. »

Propos recueillis par Isabelle Brenguier