À l’Inrae de Gotheron, le verger circulaire multi-espèces se développe
Recherche / Depuis 2018, l’Inrae de Gotheron à Saint-Marcel-lès-Valence mène les projets Alto et Z au sein d’un verger circulaire. L’objectif : limiter la présence et le développement des bioagresseurs en créant un verger composé de différentes espèces.
Le projet Z a démarré en 2018 avec l’implantation d’un verger multi-espèces sur 1,6 hectare. « Il s’agit de savoir si grâce à la multi-production nous allons pouvoir produire des fruits en zéro pesticide. L’idée est de construire un nouveau type de verger qui stoppe l’arrivée des bioagresseurs. S’ils arrivent, nous regardons comment faire pour qu’ils ne se multiplient pas et s’ils se multiplient, nous faisons en sorte qu’ils ne se déplacent pas », rappelle Vincent Mercier, directeur de l’Inrae de Gotheron. Cet essai se déroule dans le cadre du projet Alto pour « systèmes en arboriculture et transition agroécologique », en parallèle du projet Z projet sur une quinzaine d’années.
Carpocapse et aléas climatiques
À l’occasion de la visite de la préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari , mardi 9 juin, Vincent Mercier a partagé quelques observations sur les essais menés. Pour rappel, le site a mélangé des espèces au sein d’un verger circulaire pour limiter la capacité des bio-agresseurs à trouver les plantes hautes. Grâce à l’implantation du verger circulaire, les bio agresseurs tels que le puceron cendré sur les pommiers, peinent à accéder aux autres arbres de la même espèce. « On s’attendait à des dégâts mais pour l’instant, ce sont les aléas climatiques qui nous ont le plus impactés car le verger n’est pas équipé de filets », explique le directeur. Au total, le verger est composé de neuf cercles d’arbres, dont le premier représente une double haie qui barre l’accès aux bio-agresseurs. Depuis 2018, c’est le carpocapse du pommier qui a toutefois attiré l’attention des chercheurs. Il cause entre 10 à 20 % de dégâts. Toujours dans une logique de lutte biologique par conservation, des augmentoriums ont été installés pour piéger les carpocapses sur le tronc. Une fois enfermés dans une boite équipée d’un grillage fin, l’hyperparasite qui détruit le carpocapse peut sortir et permet ainsi d’augmenter les populations d’auxiliaires.
A relire notre article « A Gotheron, l'Inra teste un verger à très bas intrants », du 7 novembre 2019.
Pour en savoir plus sur ce projet contactez l’Inrae de de Gotheron au 04 32 72 23 70.