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Mobilisation agricole à Donzère et Montélimar

« Si les grandes surfaces étaient vertueuses, on ne serait pas dans cette galère »

Le 18 décembre à l'appel de la FDSEA et des JA de la Drôme, des agriculteurs de la Drôme et des environs se sont mobilisés devant la plateforme logistique d’Intermarché à Donzère, près de Montélimar. Parmi eux, Mathieu Peysson, agriculteur à Tulette, est revenu sur les raisons et les constats de cette action coup de poing, menée dans un contexte de crise agricole persistante, notamment dans la filière viticole.

« Si les grandes surfaces étaient vertueuses, on ne serait pas dans cette galère »
©ME-L'Agriculture Drômoise
Mathieu Peysson, agriculteur à Tulette, explique les raisons de la mobilisation organisée à Donzère et près du péage de Montélimar-Sud le 18 décembre.

« À la base, nous étions venus sur la plateforme logistique d’Intermarché pour leur mettre un coup de pression vis-à-vis du Mercosur », explique l’agriculteur. Si l’enseigne a récemment communiqué sur un engagement à ne pas s’approvisionner en produits issus de cet accord de libre-échange, les manifestants restent méfiants. « Ça tient jusqu’à l’instant T. Après, on ne sait pas ce qui va se passer dans un an ou deux. On voulait leur rappeler qu’on savait où ils étaient et que, s’ils ne respectaient pas leur accord, on saurait revenir ici. »

Des contrôles de camions

Sur place, les agriculteurs ont procédé à des contrôles de camions sortant de la plateforme. Objectif : vérifier l’origine des marchandises transportées. « On a demandé les feuilles de route, notamment pour le vin, parce qu’on traverse une grosse crise viticole dans les Côtes-du-Rhône », précise Mathieu Peysson. Le constat est sans appel : « Deux camions sur ceux que nous avons contrôlés contenaient du vin étranger, notamment espagnol. On a donc décidé de les bloquer pour éviter qu’ils n’entrent dans les magasins. »

Les responsables de la plateforme logistique ont tenté de rassurer les manifestants, affirmant travailler avec des producteurs locaux et avoir fait remonter l’action à leur direction. Des arguments qui ne suffisent pas à apaiser la colère. « Qu’ils travaillent avec des producteurs locaux, on en est conscients. Mais c’est très loin d’être parfait », souligne l’agriculteur.

La grande distribution pointée du doigt

Au-delà d’Intermarché, c’est le modèle de la grande distribution qui est pointé du doigt. « Si une grande surface, quelle qu’elle soit, faisait réellement vivre correctement ses agriculteurs, ça se saurait », affirme Mathieu Peysson. Toutes filières confondues, la détresse est palpable. « On est tous dans la galère. Si les GMS étaient aussi vertueuses qu’elles se prétendent l’être, on ne serait pas dans cette situation-là. »

Par cette mobilisation, les agriculteurs entendent rappeler leur détermination à défendre une agriculture locale, rémunératrice et respectée, et préviennent : la vigilance restera de mise face aux engagements pris par la grande distribution.

M.E / C.L.