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Intervins Sud-Est : une situation économique stable pour les IGP

Viticulture / Cette année, c’est en Ardèche que s’est tenue l’assemblée générale d’Intervins Sud-Est, le 28 novembre. L’occasion de revenir sur la situation économique des neuf IGP représentées par l’interprofession.

Par M. M.
Intervins Sud-Est : une situation économique stable pour les IGP
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L'assemblée générale d'Intervins Sud-Est a permis de faire un point de la
situation économique pour l'ensemble des neuf IGP, sur les trois couleurs.

Si la crise que traverse le secteur viticole semble ne plus finir, certains voyants recommencent à s’allumer au vert, notamment pour les IGP du Sud-Est qui, malgré des années difficiles, parviennent à maintenir une certaine stabilité dans un contexte économique fragile. Concernant les sorties commerciales, de janvier à septembre 2025, les sorties de chais des IGP restent stables par rapport à la même période en 2024. « Nous enregistrons 969 445 hectolitres », précise Marine Gayrard, directrice d’Intervins Sud-Est. Au niveau des couleurs, le rosé reste majoritaire : les sorties des IGP se stabilisent à 586 000 hl, dont 444 000 en IGP Méditerranée, soit une légère progression, et 114 000 hl pour l’IGP Ardèche, avec une hausse de 3 %. Sur le vin rouge, qui reste un point noir du marché depuis plusieurs années, il y a même une bonne nouvelle : « Les IGP Sud-Est se maintiennent à 209 000 hl en sorties de chais. » En revanche, pour le vin blanc, les sorties de chais enregistrent une progression de 5 %. L’IGP Méditerranée connaît une hausse spectaculaire de 19 %, avec 75 000 hl. « Le blanc est en train de rattraper son retard », commente la directrice.

Des prix qui se maintiennent

Du côté des ventes, le prix du millésime 2025 s’établit à 92,01 euros sur les marchés, contre 92,82 euros en 2024. « À ce jour, 70 000 hl ont été contractualisés, soit 20 % du volume moyen en début de campagne », précise-t-elle. Des prix qui se maintiennent sur un marché en démarrage. Si, globalement en France, les ventes de rosé en grande distribution connaissent un léger recul de 1 %, l’IGP Méditerranée progresse de 2 %. « Il y a des marges de manœuvre pour l’IGP Méditerranée, car les IGP d’assemblage représentent une part faible du marché, ce qui laisse de la place », explique Marine Gayrard. Pour entrer davantage dans les détails, les hypermarchés et supermarchés contribuent à la hausse, notamment grâce aux BIB de 5 litres et 3 litres hors marques distributeurs. Cela s’explique aussi par une tendance de fond : l’évolution des offres AOP, progressivement remplacées par des IGP. En ce qui concerne les prix, l’IGP Ardèche reste le plus bas du marché, à 3,01 euros le litre, tandis que l’IGP Méditerranée se situe à 4,24 euros le litre. Concernant le vin rouge, sans surprise, la décroissance atteint -7 %. Les ventes de rosé, quant à elles, ont désormais dépassé celles du rouge. En ce qui concerne le blanc, les IGP enregistrent une hausse de 4 % sur l’ensemble des ventes, soit 51 500 hl sur un total de 1,43 million d’hectolitres à l’échelle nationale.

Export : multiplier les opportunités

Du côté de l’export, sur les 6,5 millions d’hectolitres écoulés, les IGP enregistrent une baisse de 5 %, tandis que ce sont les vins sans IG qui tirent leur épingle du jeu. L’IGP Méditerranée se redresse avec une augmentation de 5 % de ses exportations. Si les États-Unis boudent les vins français, le Royaume-Uni et l’Europe du Nord retrouvent la croissance. Pour les IGP départementales, la baisse atteint 10 %. Et puisque les vins IGP de département et Méditerranée partagent le même marché, Roger Ravoire conseille de « ne pas hésiter à proposer les deux, afin de multiplier les opportunités de conquête ». Concernant les stocks, la situation est globalement « saine », notamment pour les vins à rotation rapide.

Pour le vin rouge, la situation est légèrement plus complexe, car les récoltes 2023 et 2024, encore trop importantes, entraînent un stock excédentaire de 130 000 hl, contre une moyenne quinquennale de 129 000 hl. Au regard de la baisse des ventes et de la demande pour les vins « friands », l’outil VIP2C* reste plus que jamais indispensable, pour Jérôme Volle, vice-président d’Intervins Sud-Est.

Reconquérir les jeunes consommateurs

Une situation économique stable, malgré une consommation régulière en baisse de la part des jeunes et la disparition progressive des consommateurs plus âgés qui compliquent intrinsèquement l’équation. « La véritable question est maintenant de savoir comment reconquérir les jeunes pour en faire des consommateurs plus réguliers », souligne Roger Ravoire lors de la clôture de l’assemblée générale. « C’est le challenge de notre filière et de notre interprofession », a-t-il ajouté, car la filière viticole est à la croisée des chemins. Si certains vignerons arrachent leurs vignes, pour ceux qui restent, l’heure est à la restructuration pour continuer à croire en l’avenir d’une production française, patrimoine historique et emblématique. L’ambition d’Intervins Sud-Est est de s’adapter aux nouveaux marchés et d’offrir une gamme complète. Si les vins blancs sont désormais en plein essor, un projet se dessine autour des vins mousseux (VM). « Nous avons la possibilité de produire du pétillant, mais il doit impérativement être un vin en cuve pendant neuf mois et offrant une qualité supérieure », précise Thierry Icare, président de l’IGP Méditerranée. « Mais, les négociants eux, recherchent un vin d’entrée de jeu plutôt qu’un vin en fin de campagne », ajoute-t-il. Dans ce contexte, un projet visant à inscrire un vin mousseux de trois mois de cuve à l’Inao est à l’étude.

D’autres pistes sont explorées, notamment autour des vins « low » ou « no » alcool. « Une IGP n’a pas besoin de dépasser les 14 degrés d’alcool ; pour les rosés, entre 11 et 12 °C, on peut obtenir de très beaux vins. Il en va de même pour les rouges à 12,5 °C, indique le président. Je crois beaucoup dans la faible teneur en alcool, surtout si nous parvenons à créer des produits naturels, plutôt que des vins désalcoolisés », conclut Roger Ravoire.

M. M.

Communiquer, clé de voûte dans la commercialisation des vins

Avec 71 % du budget de l’interprofession, la communication est un élément phare dans la stratégie du groupe. Alors que la répartition du budget 2026 fait la part belle à la communication (71 %) pour un total d’un peu moins d’1,4 millions d’euros, le plan communication 2026 se dévoile. Intervins Sud-Est ne sera pas présent au Salon ProWein de Düsseldorf, préférant miser sur un seul et même événement : le salon Wine Paris, avec une surface de stand agrandie. La raison ? « Être présent au salon Wine Paris a plus d’impact, compte tenu de l’augmentation de la présence d’acheteurs. Il faut continuer à promouvoir, mais promouvoir au bon endroit », justifie Jérôme Volle.Pour renforcer la notoriété de l’appellation, un concours portant sur les vins IGP Méditerranée sera lancé en 2026. « Une médaille est toujours un gage de confiance pour les consommateurs », souligne le président, Roger Ravoire. Les vignerons ont jusqu’au 19 décembre pour s’inscrire. Le volet communication investit également les réseaux sociaux, notamment Instagram, Facebook et TikTok, afin de créer du contenu vidéo. Un stand IGP Méditerranée sera aussi présent lors du festival électro Delta Festival pour cibler spécifiquement un public jeune et festif. À l’export, la communication se concentrera sur quatre pays : le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Belgique.

Le Conseil d’État confirme l’interdiction de l'étiquetage « Sud de France »

Le Conseil d’État a confirmé, dans une décision publiée le 3 décembre, l’interdiction de mentionner « Sud de France » sur l'étiquette des vins, rejetant ainsi la requête de l'UEMV (entreprises viticoles méridionales), des fédérations gardoise et héraultaise des vins IGP et de la fédération régionale des IGP Sud de France. La marque constitue « une indication de nature géographique » et donc « ne saurait être apposée sur l'étiquette de vins » sans IG, selon sa décision. Si les vins d’Occitanie avec IG peuvent faire « référence à une unité géographique plus large », comme le prévoit la règlementation européenne, Sud de France ne constitue « pas le nom d'une unité géographique », juge le Conseil d’État. Cette décision « prive les vins de la région Occitanie d’un précieux outil de commercialisation qui a fait ses preuves, en particulier à l’export, depuis presque 20 ans », déplorent les requérantes dans un communiqué le 4 décembre. « Nous le retirer, c’est nous faire reculer commercialement », regrette Denis Verdier, président de la fédération des IGP Sud de France. Le ministère de l'Agriculture avait confirmé le 18 juillet 2023 l’interdiction de mentionner « Sud de France » sur l'étiquette des vins, prévoyant une entrée en vigueur dès la récolte 2025. Cela concerne 93 millions de bouteilles par an, d’après le communiqué des fédérations.

Le Conseil d’État confirme l’interdiction de l'étiquetage « Sud de France »

* volume individuel de production commercialisable certifié.