Les agriculteurs drômois mobilisés pour « une durée indéterminée »
À l’appel des Jeunes agriculteurs de la Drôme et de la FDSEA 26, ils étaient une cinquantaine sur le rond point de la sortie du péage de Tain-l’Hermitage et sur la route du péage de Valence Sud, lundi 5 janvier.
Ils l’avaient dit, ils l’ont fait. Après quelques mobilisations fin décembre dans la Drôme, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA ont repris place sur la route. Pour rappel, leurs attentes concernent notamment le vote du gouvernement français contre le traité de libre-échange du Mercosur et contre le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières ( MACF dite taxe engrais). Mais ce n’est pas tout : changement du statut du loup, accès à l'eau, budget de la Pac, crise viticole… Les agriculteurs souhaitent des engagements concrets de la part des responsables politiques, à commencer à l’échelle locale.
« Tant que nous n’avons pas de concret, nous ne bougerons pas »
En route vers Tain-l’Hermitage, l’un des radars prend des airs de sapins avec des guirlandes en forme de roues de tracteur. Une action symbolique qui annonce la couleur des semaines à venir. Plus loin, au rond-point de la sortie du péage, les agriculteurs se sont installés : tracteurs, remorques, et même une construction modulaire. « On est là malheureusement car on s’est mobilisés il y a un an au même endroit et il y a deux ans sur l’autoroute et nous n’avons toujours rien obtenu. Nous avons juste eu le droit à des normes et des contraintes supplémentaires. Aujourd’hui, on dit clairement stop. On n’a pas les moyens de monter à Paris et Bruxelles pour nous mobiliser contre le Mercosur mais on veut que tout ça s’arrête », explique Jean-Philippe Banc, président du canton JA de Tain-l’Hermitage.
À la sortie du péage autoroutier du Sud de Valence. ©ME-AD26
Il ajoute : « On est une trentaine de tracteurs, ça vient juste de commencer. Les gens appellent pour nous rejoindre, de toute façon c’est sûr que le mouvement va se durcir. On attend la venue de la préfète pour venir prendre des engagements déjà locaux notamment sur le sujet de l’eau. On attend avec impatience sa venue. On attend aussi des nouvelles de nos représentants syndicaux nationaux à Paris qui discutent avec le Premier ministre. Ça fait deux ans qu’on nous fait tourner en rond ça fait deux ans qu’on nous fait de belles promesses. Les engagements doivent être tenus. Nous, on nous demande des normes, de se justifier, de tenir des engagements mais le gouvernement ne tient pas les siens. Aujourd’hui, la colère est très forte, on est au pied du mur et vraiment remontés. L’action a été organisée pour durer. Tant que nous n’aurons pas de concret, nous ne bougerons pas. »
Régler les dossiers... aussi en local
Des propos soutenus par Régis Aubenas, responsable fruits à la FDSEA de la Drôme. « L’objectif est que le gouvernement sache que les agriculteurs sont contre cet accord du Mercosur, a déclaré l’arboriculteur. Nous avons aussi, depuis début 2024, tout un tas de dossiers ouverts et qui n’ont pas été réglés depuis : sur la transposition des normes, la concurrence déloyale, l’accès à l’eau… ».
Les agriculteurs se sont organisés pour rester dans la durée. ©ME-AD26
Au niveau de la sortie du péage autoroutier de Valence-Sud, d’autres Jeunes agriculteurs bloquaient une partie de la route qui permet d’accéder à la Lacra. Épandage de fumiers et tas de ballots de paille occupaient ainsi la chaussée. Vers 16 h 30, les manifestants ont dû débloquer cette partie de la route et se sont donc finalement installés à l’entrée du péage. « On espère que les discussions en cours aboutiront mais si cela doit durer, nous resterons jusqu’au 12 janvier, jusqu’au vote du Mercosur », a résumé Vladimir Gauthier, président des JA de la Drôme.