« Nous attendons désespérément le froid pour l’olive de bouche »
Oléiculture / La saison de la récolte des olives bat son plein dans le Sud de la Drôme. Comme la majorité des producteurs, Olivier Floret et ses parents Roseline et Patrick, installés à Nyons, attendent un « coup de froid » pour se lancer dans la récolte des olives de bouche.
Depuis novembre, des oléiculteurs de la coopérative de Nyons ont démarré la récolte de leurs olives. « Nous avons eu un peu de froid en novembre, ce qui nous a permis de récolter une partie des olives pour l’huile. Nous attendions le froid pour que les olives soient moins gorgées d’eau. La météo n’a pas vraiment été en notre faveur », rapporte Olivier Floret, installé sur le Gaec du Serre rond, à Nyons, avec sa mère Roseline. Attendre le froid mais récolter avant la pluie : tel était le dilemme des producteurs nyonsais à la mi-décembre. La récolte va se poursuivre en janvier.
Confrontés aux aléas climatiques
La coopérative de Nyons incite financièrement ses adhérents à récolter les olives dès le début du mois de novembre car « nous nous sommes rendu compte que les consommateurs aiment l’huile d’olive à caractère fruité. En fin de saison, elle est plus douce », indique Olivier Floret. Ainsi, près de 90 % de la récolte a été réalisé avant Noël. « Le froid n’est pas arrivé en décembre mais nous devions reprendre la récolte pour éviter les intempéries, notamment le vent et la pluie qui peuvent faire tomber les fruits. Comme nous n’avons pas eu le froid escompté, les fruits sont gorgés d’eau et sont plus fragiles. »
La récolte va se poursuivre en janvier. ©ME-AD26
D’un point de vue sanitaire, l’œil de paon implique de « rester vigilant en production bio ». Les oléiculteurs pulvérisent du cuivre pour lutter contre cette maladie fongique qui se caractérise par des tâches circulaires sur les feuilles. Pour la mouche de l’olive, l’argile reste la meilleure arme des oléiculteurs bio.
Une belle récolte annoncée
Sur l’une des parcelles « pas totalement mécanisable » en raison de sa topographie, Olivier Floret et sa mère utilisent un vibreur thermique puis un peigne électrique pour faire tomber les olives sur les filets. Près de 85 % des olives sont récoltées avec le vibreur et le reste à l’aide du peigne. La famille embauche deux salariés via une entreprise tunisienne pour la récolte des olives. Malgré le manque de froid, la récolte s’annonce belle en qualité et moyenne en quantité. « Le printemps chaud n’a pas permis une floraison optimale. La pluie et le vent en novembre ont aussi causé un peu de pertes, plus que les autres années », rapporte le producteur.
Le vibreur thermique permet de récolter environ 85 % des olives. Une fois récoltés, les fruits sont emmenés chaque soir à la coopérative pour être transformés. ©ME-AD26
L’oléiculture, une histoire familiale
Olivier Floret a été salarié sur l’exploitation de son père, l’EARL Saint Martin, de 2010 à 2014. Par la suite, il s’est installé sur une exploitation individuelle pour reprendre la partie bio des vignes de son père Patrick, qui représentait onze hectares. En 2019, l’agriculteur, aujourd’hui âgé de 37 ans, a monté un Gaec avec sa mère Roseline. Ensemble, ils gèrent à ce jour 4,3 hectares d’oliviers et quatorze hectares de vignes bio en AOP Côte-du-Rhône et en AOP Côte-du-Rhône village de Nyons. Son père, Patrick Floret, a conservé son exploitation qui s’étend sur 35 ha de vignes en HVE et 6 ha d’oliviers. L’ensemble des productions de la famille est vendu à la cave coopérative de Nyons.