Sécurité routière dans la Drôme : les voitures-radars Dexter en service
Face à une recrudescence inquiétante des accidents mortels sur les routes drômoises, les services de l’État renforcent leur arsenal de lutte contre l’insécurité routière. Depuis le 1er août 2025, trois voitures-radars privées circuleront sur les axes les plus accidentogènes du département.
En 2024, quarante personnes ont perdu la vie sur les routes de la Drôme, soit une hausse de 48 % par rapport à 2023 (27 tués). À la date du 31 juillet 2025, le département enregistre déjà 21 décès, « un chiffre identique à celui de l’année précédente à la même période, indique la préfecture de la Drôme. Des chiffres tragiques, derrière lesquels se cachent autant de drames humains. »
Selon les autorités, cette situation dramatique s’explique notamment par une hausse alarmante des conduites à risque. Au premier semestre 2025, 1 190 permis de conduire ont été suspendus dans la Drôme. Parmi eux, 528 pour conduite sous stupéfiants, 323 pour excès de vitesse, 214 pour conduite en état d’ivresse, et 14 pour refus d’obtempérer. Près de 11 530 infractions routières ont été relevées par les forces de l’ordre, et 730 véhicules ont fait l’objet d’une immobilisation administrative.
« La vitesse excessive demeure la première cause d’accidents mortels en France, et la Drôme n’échappe pas à ce constat, souligne la préfecture. En 2024, 15 des 39 accidents mortels recensés dans le département étaient directement liés à une vitesse inadaptée. Pour y répondre, le Gouvernement fait de la lutte contre les excès de vitesse une priorité. »
Trois véhicules-radars
C’est dans ce contexte qu’un nouveau dispositif entre en vigueur : Dexter. Depuis le 1er août, trois véhicules-radars sont conduits sur les routes drômoises par des opérateurs privés de la société OTC. Ils viendront compléter les 35 radars automatiques déjà en place (23 fixes et 12 mobiles), avec un objectif clair : dissuader les excès de vitesse et renforcer la surveillance sur les zones les plus accidentogènes.
Au total, 16 itinéraires représentant 2 300 km linéaires ont été définis. Grâce à plusieurs passages quotidiens, ce sont environ 15 000 km de routes qui seront contrôlées chaque mois, soit plus de la moitié du réseau routier du département (12 619 km). Les trajets et horaires de contrôle, déterminés chaque mois par les services de l’État, seront adaptés en fonction de l’accidentalité constatée.
Les voitures-radars Dexter opéreront de jour comme de nuit, en semaine comme le week-end, sans interruption. « Elles permettront ainsi de libérer les forces de l’ordre pour d’autres missions, notamment les contrôles d’alcoolémie, de consommation de stupéfiants et de l’usage de téléphones au volant », précise la préfecture.
« Le respect des limitations de vitesse, comme celui des autres usagers de la route, doit redevenir une priorité », insiste la préfecture.
Un nouveau délit routier
L’arsenal juridique des sanctions des comportements dangereux au volant vient d’être enrichi par la loi du 9 juillet 2025 qui a créé un nouveau délit dans le Code pénal : l’homicide routier. Il s’applique lorsque l’homicide involontaire s’accompagne de circonstances aggravantes traduisant une conduite délibérément à risque. Le législateur a listé dix circonstances aggravantes. L'homicide routier est puni de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende. Et, en cas de multiplication des circonstances aggravantes (par exemple : une conduite en état alcoolique et en excès de vitesse), la qualification devient homicide routier aggravé, ce qui est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende.
La rédaction