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« Une baisse de 22 % de la Pac aurait un impact inévitable sur l’OCM vitivinicole »

Roger Ravoire, président d’Intervins Sud-est, et Jérôme Volle, vice-président.

Par Propos recueillis par M.M.
« Une baisse de 22 % de la Pac aurait un impact inévitable sur l’OCM vitivinicole »
©MM
Jérôme Volle (vice-président d’Intervins Sud-Est), Marine Gayrard (directrice), Roger Ravoire (président), Marie-Clémentine Savey chargée de communication.

Quel regard portez-vous sur les annonces de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard concernant les 130 millions destinés à l’arrachage ?
Jérôme Volle : « C’est une bonne nouvelle mais la maquette financière n’est pas encore finalisée. De plus, l’annonce de la ministre ne suffit pas à soutenir l’arrachage : 34 700 hectares devraient être arrachés, mais avec cette enveloppe, si l’aide reste à 4 000 euros par hectare, cela ne concernerait que 32 500 ha. Au total, on estime 20 % d’arrachage total et 80 % d’arrachage partiel : 56 % en coopérative, 31 % chez les négociants et 13 % en cave particulière. Cela toucherait 75 % des rouges. En Ardèche, ce plan concerne 369 ha, soit plus que le précédent, qui concernait 285 ha. »

L’arrachage met-il en péril les caves et les outils de production ?
J.V. : « Aujourd’hui, on ne connaît pas encore les zones concernées, ni s'il s'agit de vignerons indépendants ou de coopérateurs. Mais si des hectares de vignes sont arrachés dans des structures coopératives ou collectives, cela mettra en difficulté les vignerons voisins et entraînera une hausse des frais de structure. De plus, pour les arrachages totaux, que deviendront ces terres proches des vignes ? On espère qu’elles pourront être réutilisées pour maintenir un tissu rural et économique agricole. »

Parmi les sujets d’actualité au sein de l’interprofession s’esquisse une réunion de travail concernant l’OCM vitivinicole. À quoi va-t-elle servir ?
J.V : « Une baisse de 22 % de la Pac se profile, ce qui aurait inévitablement un impact sur l’OCM vitivinicole, premier pilier de la Pac. Début décembre, une réunion de travail du Conseil spécial, avec FranceAgriMer, a discuté du plan de filière et des orientations politiques et stratégiques de l’OCM vitivinicole : répartition des fonds pour la promotion, l’investissement et la restructuration du vignoble. Il s’agit d’un échange stratégique important pour notre secteur. De plus, le commissaire européen à l’Agriculture se rendra en Seine-et-Marne, ce sera une occasion de l’interpeller sur la mise en place d’un budget pour la distillation, en réponse au refus au niveau européen concernant l’arrachage. En ce qui concerne les vins rouges, cette situation a un réel impact sur le marché, car nous avons besoin de vins friands. Une mesure de distillation permettrait d’évacuer les hectolitres les moins rentables. »

Aujourd’hui, comment les vignerons peuvent-ils vivre de leur métier, et quel conseil donner à un jeune qui souhaite s’installer ?
R.R. : « Il faut créer des débouchés et équilibrer l’ensemble. Certains opérateurs, notamment la grande distribution, exercent une pression énorme, représentant 30 à 40 % des vins consommés en France, ce qui laisse peu de place aux négociants. Les créneaux de marché existent, mais pour un jeune s’installant, mieux vaut attendre d’y voir plus clair. En revanche, s’il est capable de produire des vins spéciaux et valorisés, il n’y a pas de problème. Le marché reste ouvert, notamment pour les niches. »

Propos recueillis par M.M.