Accès au contenu
Bovin lait

À la ferme de la Tour, père et fille produisent 450 000 litres de lait de vache

Depuis l’installation d’Anaïs Idelon, le Gaec familial, basé à Saint-Martin-en-Vercors, a multiplié sa production de lait par 7,5.

Par M.E.
À la ferme de la Tour, père et fille produisent 450 000 litres de lait de vache
©ME-AD26
Anaïs Idelon a rejoint son père Gérald en 2017 sur la ferme.

À deux pas du centre du village de Saint-Martin-en-Vercors, Gérald Idelon a repris la ferme de ses parents en 1993. L’éleveur bovin, aussi connu en tant que vice-président de l’ACCA de la commune, n’a cessé de développer l’activité jusqu’à l’installation de sa fille Anaïs en 2017. « Lorsque j’ai repris la ferme, nous produisions 60 000 litres de lait contre 450 000 litres aujourd’hui, rapporte l’agriculteur de 54 ans. La meilleure façon de travailler dans la ferme, c’est d’être à plusieurs. »

« Le bio à la traîne »

Lorsqu’il s’est installé, Gérald Idelon a récupéré le troupeau de vingt laitières de son père. En 2001, l’exploitant agricole a racheté un corps de ferme pour y intégrer l’élevage de génisses. L’acquisition de ce nouveau bâtiment de 800 m² lui a permis de transférer ses vaches à lait, soient 49 vaches en stabulation libre sur herbe paillée. En 2010, l’éleveur passe en bio. « Il y avait beaucoup d’exploitations qui se convertissaient et une meilleure valorisation du lait », explique Gérald Idelon. Lorsque sa fille Anaïs s’est installée à 21 ans, la ferme s’est transformée en Gaec. La jeune femme a suivi un bac pro conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA) à La Côte-Saint-André et un BTS en comptabilité agricole à la MFR de Chatte. « J’ai toujours été dedans et j’ai toujours voulu faire ça », témoigne l’éleveuse.

Durant l’été, quatorze génisses partent en alpage au-dessus d’Autrans avec le Groupement pastorale de la Molière. ©ME-AD26 

Ainsi, les exploitants agricoles ont investi pour doubler la surface de leur bâtiment d’élevage, passant de 800 à 1 600 m². La ferme compte aujourd’hui un troupeau de 80 vaches laitières montbéliardes et normandes. L’aire paillée a été remplacée par des logettes sur matelas. La coopérative Étoile du Vercors rachète le lait de la ferme valorisé en IGP Saint-Marcellin. « En moyenne en 2024, nous avons reçu 525 € pour 1 000 litres de lait. Par rapport au lait conventionnel, le bio est à la traîne », estime Gérald Idelon.

Répartir le travail

Pour Gérald Idelon, travailler à deux permet de mieux supporter « la contrainte de la traite ». Père et fille se répartissent un week-end sur deux. En parallèle de l’élevage, la ferme de la Tour dispose de 117 hectares de fourrage, de quoi lui permettre d’être autonome. La récolte a démarré le 20 mai cette année avec l’enrubannage du foin en raison « de la pluie qui a compliqué le séchage et la conservation ». Mi-juin, les agriculteurs ont attaqué le foin séché au soleil. Au total, 1 000 bottes de 400 kilos ont été réalisées. « C’est une bonne année avec de l’herbe de qualité et en quantité, rapporte Gérald Idelon. En 2023 et en 2024, c’était catastrophique à cause de la pluie. Ce que nous constatons, c’est que nous sommes plus tributaires de la météo et du changement climatique qu’avant ».

Valoriser les veaux


La ferme recense près de 90 vêlages par an pour quatorze génisses vêlées. ©ME-AD26

Le Gaec passe notamment par XR repro afin d’inséminer et croiser son troupeau avec des charolais. « Grâce à la sélection, nous pouvons produire des charolais vendus 600 € pièce contre 300 € pour des montbéliards », précisent les éleveurs.