Entreprises et sportifs : le match des futurs partenaires
SPORT / Athlètes et entreprises se sont réunis le 11 juin dernier au Tennis club de Lyon à l’occasion d’une soirée d’échanges organisée par la Fondation du sport français. L’objectif de ces rencontres ? Favoriser les partenariats à l’approche des prochaines échéances olympiques et paralympiques.
La vulnérabilité économique rencontrée par les athlètes n’est un secret pour personne. Ces difficultés, qu’elles concernent le financement, les équipements ou encore la reconversion professionnelle, peuvent freiner leur progression et leurs performances. La Fondation du sport français a donc décidé d’agir, en programmant la seconde édition de l’événement « Objectif performance : soutenons nos champions ». Les sportifs ont ainsi pu partager avec des entreprises engagées leurs projets et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Le speed dating, qui est une discussion rapide en tête-à-tête, a permis de créer des liens, jusqu’à se transformer en collaboration.
Le sport de haut niveau face à ses fragilités
Sous les tentes installées pour l’occasion, les représentants institutionnels ont successivement pris la parole. Tous ont rappelé que l’Auvergne-Rhône-Alpes compte parmi les principaux viviers français du sport de haut niveau. Derrière cette dynamique se cachent toutefois des fragilités structurelles qui freinent le développement du sport de haut niveau. Ces constats sont au cœur du livre blanc réalisé par la Conférence régionale du sport (CRdS), consacré à l’état des lieux de la filière d’élite dans la région. Nathan Miclo, consultant associé au sein d’Emoha Sport, filiale du Groupe Pluricité, en a détaillé les conclusions. « Il y a une grande confusion entre la filière du haut niveau et le haut niveau », a-t-il expliqué. Cette distinction est essentielle : la filière d’accession regroupe les sportifs qui se préparent à intégrer le haut niveau, mais qui restent encore peu visibles des politiques publiques et des financeurs, ce qui se traduit par un manque de moyens. Une centralisation des structures dans certains départements provoque également des disparités territoriales. Pour répondre à ces défis, 2 axes de travail prioritaires ont été proposés. Le premier consiste à renforcer la visibilité de la filière d’accession au haut niveau afin de mieux faire connaître son rôle. Le second vise à structurer davantage les politiques publiques pour offrir un accompagnement plus cohérent et une reconnaissance accrue de cette filière stratégique.
Des dispositifs pour accompagner les futurs champions
Les représentants de la Fondation du sport français ont dans le même temps présenté leurs programmes d’aide. Ils permettent aux sociétés, tout comme aux particuliers, d’accompagner des athlètes. Le président de la Fondation, Thierry Braillard, a expliqué leur fonctionnement. « Une entreprise peut choisir d’accompagner un athlète durant une saison sportive », a-t-il détaillé au sujet du « Pacte de performance ». Plus simplement, le programme « Soutien ton sportif » permet de faire un don qui bénéficiera à un compétiteur. Enfin, pour accompagner professionnellement des athlètes, la convention d’insertion professionnelle permet à un sportif de concilier emploi et carrière sportive grâce à une compensation financière accordée à son employeur.
Sept minutes d’échanges pour convaincre
Le fonctionnement du rendez-vous rapide était simple : au coup de sifflet, les sportifs rejoignaient les représentants des entreprises installés autour de tables individuelles. Ils disposaient ensuite de sept minutes pour convaincre, avant le coup de sifflet annonçant la rotation suivante. S’ensuivait alors une dernière poignée de main, avant de rejoindre une autre table. Pour les sportifs, l’objectif était d’obtenir un soutien économique, un accompagnement ou des possibilités de reconversion. Mais leurs besoins ne se limitent pas aux aides financières, ce qui les intéresse, c’est un projet humain. C’est le cas d’Enzo Hudry, athlète en ski de fond. « Je veux quelqu’un qui m’accompagne dans mon histoire. » Sa vision a concordé avec celle des entreprises comme l’a confirmé un représentant de l’entreprise d’ingénierie Moongy. « Je m’intéresse beaucoup plus à leur histoire », a-t-il déclaré à propos des sportifs. Son souhait ? « Valoriser le bien-être au travail à travers le sport. » Les entreprises ne cherchent pas seulement à tirer profit de leurs partenariats avec les athlètes. Émilie Legoff, fondatrice et directrice de l’agence de conseil en intelligence artificielle Nikita, a soutenu cette conception de l’échange : « le mental d’un sportif, c’est quelque chose d’incroyable ». Son objectif est notamment de promouvoir le sport auprès des jeunes en échange du soutien qu’elle apporte aux athlètes. Une fois ces rencontres minutées terminées, les discussions se sont prolongées autour d’un moment convivial. Au-delà des partenariats financiers, ces rencontres ont surtout permis de créer des liens humains. Une heure d’échanges a parfois suffi à faire naître un projet commun entre un chef d’entreprise et un athlète. Pour les sportifs, ces soutiens représentent autant de leviers pour poursuivre leur carrière dans de meilleures conditions ; pour les entreprises, l’occasion de partager les valeurs de dépassement de soi, d’engagement et de résilience qui caractérisent le sport de haut niveau.
Adrien Lièvremont
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