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Nutrition animale

Opérationnel depuis juillet, Marius officialise son ouverture

Valsoleil et Sanders ont convié leurs partenaires pour présenter Marius, la nouvelle entité en charge de la production d’aliments d’élevage sur le site de Crest.

Par M.EYMIN
Opérationnel depuis juillet, Marius officialise son ouverture
©ME-AD26
Les responsables de Marius ont officialisé devant près de 250 personnes le lancement de la nouvelle entité.

Devant quelque 250 personnes, Jean-Charles Denis, directeur de Valsoleil, a rappelé les enjeux de la disparition de l'Ucab et de la création de Marius. L’idée de cette nouvelle entité, co-détenue à parts égales par la coopérative et le groupe Sanders, a provoqué un « petit choc pour l’entreprise », a confié Jean-Charles Denis durant le lancement officiel de Marius, jeudi 4 septembre à Crest. Ce dernier a rappelé qu’« ensemble, nous allons plus loin » et que l’objectif restait de répondre « aux enjeux des éleveurs ». À ses côtés, Philippe Manry, directeur général de Sanders Nea, a partagé la vision de Marius avec les invités. « Nous sommes persuadés que l’élevage a de l’avenir dans la région. Notre vision, c’est que l’élevage local et français passera par une décarbonation et une meilleure rémunération des éleveurs. Nous mettons tout en place pour y parvenir. La mission de Marius sera d’accompagner au quotidien cet élevage local. »

Augmenter la production de 20 % 

« Il y a beaucoup de boulot », a affirmé Jean-Charles Denis en présentant notamment Albertine Gros, directrice d’exploitation. « Il y a plein de chantiers qui vont s’ouvrir et qui vont nous permettre à la fois d’aller chercher de la fiabilité industrielle, de la mise en conformité au niveau de la sécurité, plus de performance aussi au niveau de la qualité des aliments et les élevages qu’on peut fournir, explique la responsable. Nous avons une ambition ici, c’est que chaque euros dépensé, puisse servir à renforcer le site. » L’occasion pour elle de redonner le cap fixé pour Marius : « Augmenter notre capacité de production de 20 % à l’horizon 2028 ». Pour Lionel Eydant, président de Valsoleil, ce lancement se traduit en un « ouf » de soulagement puisque « c’est un moment que nous attendions depuis longtemps. Nous sommes arrivés à convaincre le conseil d’administration qu’il nous fallait évoluer rapidement », déclare le responsable.

À Crest, une quarantaine de salariés travaillent à Marius et l’entreprise approvisionne 1 500 éleveurs. ©ME-AD26

« Ce changement est toujours difficile à accepter autant pour les producteurs que pour les salariés… Mais ce qui compte maintenant, c’est l’avenir et que nos producteurs soient satisfaits, qu’ils aient de la disponibilité en aliments avec de la qualité constante et performante. Ce qui leur apportera du revenu et si nos agriculteurs s’en sortent, Valsoleil s’en sortira d’autant mieux, a-t-il précisé. Le conseil d’administration en attend beaucoup. »

Pour rappel, Marius projette d’investir environ six millions d’euros pour moderniser l’usine et augmenter sa capacité de production de 130 000 à 160 000 tonnes d’ici 2027.

Le "formidable potentiel" de l'usine

À Crest, une quarantaine de salariés travaillent à Marius et l’entreprise approvisionne 1 500 éleveurs. ©ME-AD26

Racheté par Valsoleil en 2007, l’ancien site de l’Ucab, devenu Marius, dispose d’une capacité de 3,5 kilotonnes soit l’équivalent de 25 silos et de deux fosses pour stocker ses produits en vrac. Pour rappel, Sanders en est devenu actionnaire minoritaire dès 2012. Lors de la visite de l’usine, Martial Guerre, en charge des achats de matière première, a rappelé que « 80 % du coût d’un produit correspond à la matière première, 13 % à la logistique et 7 % à la fabrication ». Marius reçoit entre 9 et 10 000 tonnes de matières premières par mois et en utilise une trentaine différente (céréales, maïs, blé, gruau, colza, soja…).

 « Nous sommes une usine multi-espèces. Nous avons besoin de connaître les besoins nutritionnels de chaque animal selon son stade de vie. Les trois-quarts de nos matières premières sont d’origine France. Nous nous approvisionnons à 90 % en local pour les céréales, notamment avec notre partenaire La Drômoise de céréales », a précisé le salarié. La qualité des aliments produits reste au cœur des préoccupations de l’entreprise. Afin d'éviter les « mélanges indésirables », une vigilance constante est réalisée par les équipes. Marius livre jusqu’à 600 tonnes d’aliments par jour, dont près de 85 % en vrac via 500 références. Enfin, Alain Pinon, manager de territoire chez Sanders, a mis en avant l’accompagnement réalisé sur le territoire. « Nous sommes une région qui manque de tout. Nous sommes donc présents pour apporter des solutions et développer les élevages. » De son côté, Albertine Gros a souligné le « formidable potentiel » de l’usine Marius.

Afin d'éviter les « mélanges indésirables », une vigilance constante est réalisée par les équipes. ©ME-AD26

Albertine Gros, directrice d’exploitation de Marius

Selon Albertine Gros, un des objectifs est que « chaque euro dépensé, puisse servir à renforcer le site ». ©ME-AD26

Tout juste âgée de 30 ans, Albertine Gros connaît déjà bien le monde industriel et les enjeux agricoles puisqu’elle a travaillé sept ans au sein du groupe Avril, leader dans la filière des huiles et protéines végétales. Pour rappel, Sanders est une filiale de cet acteur industriel. En fonction depuis le 1er juillet, la jeune femme occupe la fonction de directrice d’exploitation chez Marius. « C’est un site qui a une vocation locale, installé ici depuis les années 1960. La Drôme représente environ 56 % du tonnage globale d’aliments qui sont livrés de l’usine. La majorité des élevages approvisionnés se situent dans un rayon de 50 kilomètres autour de l’usine », précise la responsable.