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Événement

Une Fête de l’agriculture sur fond de crise mais ensoleillée

Lors de la Fête de l’agriculture organisée par les Jeunes agriculteurs de la Drôme dimanche 7 septembre à Die, le café-débat a permis d’aborder deux thèmes principaux : la crise viticole, avec le cas de la clairette de Die, et le photovoltaïsme.

Par M.Eymin
Une Fête de l’agriculture sur fond de crise mais ensoleillée
©JA26
Si la présence de Marie-Aimée Gaspari, préfète, de Marie-Pierre Mouton, présidente du Département, et d’autres élus a été saluée, l’absence des députés drômois a toutefois été déplorée par les JA 26.

Quarante années d’existence et pas une ride pour la grande fête agricole organisée par les Jeunes agriculteurs drômois. Soleil au beau fixe, débardeurs, lunettes de soleil et bonne humeur ont donné le ton de l’événement dimanche 7 septembre dans le Diois. Parmi les temps forts de la journée, le café-débat qui a réuni plusieurs partenaires et acteurs agricoles. Le premier thème abordé : la crise viticole qui touche le sud du département. « Comment sortir la clairette de l’impasse ? C’est une problématique de commercialisation, rapporte Vladimir Gauthier, président des JA 26. On sait travailler, on fait de très bons produits, notre faiblesse c’est d’arriver à les vendre et à les exporter. C’est important d’arriver à faire rayonner nos produits sur tout le pays et à l’international également. »

Crise viticole 

C’est Jean-Christophe Marcel, viticulteur installé à Aurel depuis 2008, qui a lancé le débat avec son témoignage. « Cette crise, elle touche à la trésorerie, à la pérennité de nos exploitations agricoles, rappelle l’agriculteur. On se retrouve avec un imaginaire appauvri. La clairette ne fait plus rêver notamment les jeunes consommateurs. Nous avons un déficit d’image sur lequel nous devons travailler. » Il poursuit en soulignant la volonté de « trouver des leviers de croissance rapide », en particulier sur les aspects œnotouristiques et commerciaux. « Nous travaillons à redéfinir l’identité, notre charte graphique. Nous travaillons aussi sur la “clairettologie”, on place la clairette dans la mixologie, énumère-t-il. Produire du raisin de qualité on sait faire, élaborer du vin qualité on a le savoir faire mais valoriser nos produits face à des concurrents qui ont plus de moyens que nous et qui sont très agressifs, c’est là que ça bûche... Est ce que collectivement nous avons les bons outils pour participer à ce rebond ? »

« Comment sortir la clairette de l’impasse ? C’est une problématique de commercialisation », a rapporté Vladimir Gauthier, président des Jeunes agriculteurs de la Drôme. ©ME-AD26

L’ensemble des partenaires présents a exprimé « la volonté de trouver des solutions ensemble, à plusieurs », notamment le Crédit Agricole dont « l’ADN est d’aider les agriculteurs » et la MSA représentée par Jean-Philippe Bréchet et Philippe Aiglon, engagée à « simplifier les démarches et à accompagner » avec la présence de ses délégués. Claude Aurias, conseiller régional, a quant à lui mis en avant les plans de filières « qui ne sont pas encore tous consommés » et les difficultés de la filière bio. « Il nous faut un volet commercialisation. Tout n’est pas foutu. Nous avons besoin de soutiens à l’export », a alors indiqué Olivier Rey, président de Jaillance. Enfin, Thierry Mommée, vice-président de la chambre d’agriculture de la Drôme, a affirmé que « cette filière a besoin de perspectives » et de « sécuriser les productions et les revenus ».

Les limites du photovoltaïsme

Le second débat portait le photovoltaïsme. « Nous avons une position syndicale claire : mettre des panneaux oui mais d’abord sur les toitures, a déclaré Vladimir Gauthier. Une fois que nous aurons fait le tour des toitures, nous pourrons discuter pour en mettre au sol, au-dessus des cultures même si pour l’instant les expérimentations réalisées sont quand même très décevantes. » Des propos appuyés par Thierry Mommée. « Aller dans de la rénovation de bâtiment avec des installations photovoltaïques, c’est quand même assez coûteux surtout pour le désamiantage mais il ne faut pas se l’interdire puisque ça permet de pérenniser dans le temps d’anciens bâtiments. Il y a eu l’élaboration d’un document cadre non abouti à ce jour afin d’identifier les surfaces potentiellement disponibles pour recevoir du photovoltaïque en zone agricole. Ce sont des surfaces qui n’ont plus de potentiels purement agricoles. » À ce jour, environ 380 hectares disponibles ont été recensés dans la Drôme.

Concernant l’agrivoltaïsme, « cela doit être l’énergie au service de l’agriculture et pas l’inverse. Il faut un vrai projet agricole », a déclaré le vice-président de la Chambre d'agriculture. Thierry Mommée invite les porteurs de projets à venir à la DDT et à la Chambre d’agriculture afin d’avoir « un premier avis ». Pour Marc Fauriel, vice-président de la Safer Aura, « l’agriculture et le foncier agricole ne doivent pas être des alibis pour le développement du photovoltaïsme ». Ce dernier a fait savoir que la Safer restait vigilante pour garantir un usage agricole et favoriser les transmissions. 

Enfin, le café-débat s’est achevé avec quelques mots de Vladmir Gauthier sur « les budgets en déficit », « la dette de l’État », la situation notamment des producteurs de cerises « qui ont besoin de acétamipride » mais aussi sur la liquidation de la station expérimentale Sefra dont les « subventions ont cessé ». Le président des JA 26 a clôturé la discussion avec une question : « Comment s’adapter aux enjeux du changement climatique si on ne finance plus la recherche ? »

Une journée de découverte et de partages

La Fête de l’agriculture des Jeunes agriculteurs drômois a reçu près de 4 000 visiteurs. ©ME-AD26

Pour faire vivre cette journée, des agriculteurs ont tenu des stands pour vendre leur production et faire découvrir leur métier. C’est le cas de la ferme Rigaud, basée à Beaufort-sur-Gervanne, qui a ramené plusieurs animaux de sa mini-ferme pédagogique. « Cet événement permet de pouvoir montrer différentes filières de l’agriculture, estime Clémentine Rigaud. L’agriculture a toujours des problèmes suivant les filières et c’est pour ça que le fait d’avoir du grand public qui vient découvrir l’agriculture, c’est vraiment bien. ».

Ça fait plusieurs années que j’expose. J’en profite pour faire découvrir mes produits et faire connaître l’agriculture aux citoyens », déclare Bernard Dorel, arboriculteur à Érôme. Au total, 31 producteurs et artisans exposaient. ©ME-AD26 

Du côté des visiteurs, certains ne pouvaient pas rater « le rendez-vous de l’été » comme Jacky, agriculteur drômois retraité. « Je suis venu voir le concours de labour car je suis passionné de machines et des tracteurs, raconte-t-il. Le monde agricole n’est pas fou en ce moment, c’est important de le faire connaître au plus grand nombre. » Les fameux « non-issus du milieu agricole » à l’image de Cerise, jeune visiteuse venue avec sa meilleure amie et son fils de deux ans, sont tout aussi ravis de cette fête : « Nous sommes venus par curiosité et nous trouvons ça super de faire cette fête qui met en avant l’agriculture locale. Ça encourage les jeunes à exercer ce métier qui n’est pas facile mais qui est vraiment essentiel. »

Podium du concours de labours

Les participants du concours sont montés sur scène à la fin de la compétition. ©JA26

Labours à plat
1er : Quentin Alleoud (66,5 points).
2e : Julien Gourdol (63,5 points).
3e : Benoît Rousset (57 points).
4e : Nina Mourandier (56,5 points).

T’as parié sur qui ? », pouvait-on entendre dans le rang des spectateurs alors que le concours de labours battait son plein. Parmi les critères de jugement, la précision avec « une charrue la plus droite possible » et la profondeur. ©ME-AD26 

Labours en planche
1er : Theo Romain (73,5 points).
2e : Baptiste Toulomet (58 points).
3e : Antonin Sazio (52 points).